Fred Pellerin occupe la première place du palmarès francophone avec Plus tard qu'on pense.

Fred Pellerin: douce urgence ****

En plus d'une décennie de conte, puis de chanson, Fred Pellerin a imposé son univers et son rythme créatif: à la fois indéniablement populaire (ses tournées affichent complet) et frileux devant cette machine du showbiz qui lui ressemble peu.
En restant lui-même et en refusant les artifices, les compromis et les modes - son oeuvre puise toujours dans le folklore et la ruralité, explore l'idée de filiation et de legs -, l'ambassadeur de Saint-Élie-de-Caxton réussit à livrer un langage artistique hors du temps.
Le constat est un peu paradoxal puisque c'est justement cette idée du temps qui s'enfuit trop vite que Pellerin a placée au centre de son troisième album solo (outre celui qu'il a lancé avec son frère Nicolas).
Rendez-vous manqués, appel à l'action, réflexion sur la marchandisation, sur ce qui se perd et ce qui est éphémère... Qu'il emprunte de magnifique manière les mots de Vigneault (Le grand cerf-volant, épuré au maximum) et de Tom Waits (Hope I Don't Fall in Love With You, traduite en français par David Portelance) ou qu'il chante les siens, Fred Pellerin exprime sur cet album un sentiment d'urgence, décliné dans la plus grande douceur musicale.
À écouter en boucle
Plus tard qu'on pense. Cette chanson écrite à quatre mains résume l'esprit de l'album et montre à quel point la collaboration entre Fred Pellerin et René Richard Cyr (qui signe le texte) peut être fructueuse.
À éviter
Le musée du jamais vu. Si on doit reconnaître l'effort ludique du texte, cette chanson nettement plus légère détonne de l'ensemble.