Au cours de l'hiver, la coopérative Agropur a prévenu le propriétaire du IGA de la 4e avenue dans Limoilou que plusieurs coupons du programme de la Fondation OLO étaient contrefaits.

Fraude de lait dans Limoilou

Pour obtenir du lait destiné aux femmes enceintes dans le besoin, des malfaiteurs de Limoilou ont trouvé le moyen de reproduire des faux coupons du programme de la Fondation OLO (oeuf, lait, orange). Alerté par le fournisseur qu'il donnait des litres de lait aux mauvais clients, le propriétaire du IGA de la 4e Avenue n'a pas tardé à réagir pour dissuader les escrocs.
Pierre Jobidon a installé des affiches dans son commerce pour signifier aux détenteurs de coupons OLO qu'il réclamerait désormais une pièce d'identité pour donner le précieux liquide. «Si l'utilisateur des coupons n'est pas en mesure de nous fournir ces renseignements, ou si nous jugeons que les coupons ne sont pas valides, nous les refuserons», prévient-il.
C'est au cours de l'hiver qu'il a eu un coup de fil désagréable de la coopérative Agropur, lui signifiant qu'elle avait reçu plus de coupons provenant de son commerce que le nombre prévu. Un signe évident que dans le lot, plusieurs étaient contrefaits. «Nous en avions cinq à six faux par semaine, c'est beaucoup», souligne M. Jobidon, qui déplore que des individus tentent ainsi de frauder un programme qui s'adresse aux futures mamans.
Même s'il en a vu d'autres depuis qu'il est installé dans le quartier, le propriétaire ne s'habitue pas à ce type de magouille «qui n'a pas de bon sens». 
Il raconte avoir déjà intercepté des clients qui avaient collé des codes barre de consignes à 10 sous sur des contenants qui en valaient 5 pour obtenir davantage d'argent de la machine à recycler. Malgré son indignation, Pierre Jobidon rappelle la fragilité d'une frange de la population du quartier, composée de beaucoup d'habitants à revenus modestes.
La directrice générale de la Fondation OLO abonde dans le même sens. «Il y a une détresse là-dedans. Si une personne est rendue à falsifier des coupons pour du lait, il faut se questionner sur ses motivations», fait valoir Élise Boyer. Elle ne s'inquiète pas outre mesure des cas de coupons contrefaits, qui se comptent sur les doigts d'une main depuis que le programme est en place dans les années 90. Par le biais des CLSC aux quatre coins de la province, environ 600 000 coupons OLO sont distribués chaque année aux femmes enceintes vulnérables susceptibles de mettre au monde des enfants à petit poids.
Si Mme Boyer assure que le problème de Limoilou est réglé, M. Jobidon n'a pas rangé ses affiches, question de rappeler à sa clientèle qu'il veille au grain.