«Je pense que les gens souhaitent qu'on puisse enfin tourner la page», a commenté la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault.

Fraude au CUSM: la lumière sera faite malgré la mort de Porter

Même si la mort d'Arthur Porter fait perdre un gros morceau du casse-tête, la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault a bon espoir que la lumière sera faite sur le scandale du CUSM.
Les deux enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ont authentifié mardi la dépouille du Dr Porter dans une morgue du Panamá. 
«Je pense que les gens souhaitent qu'on puisse enfin tourner la page», a commenté Mme Thériault, à l'entrée du Conseil des ministres. 
Le Dr Porter était accusé de corruption dans le dossier du CUSM, un projet de 1,3 milliard $. Des chefs d'accusation pour fraude, complot pour fraude, fraude envers le gouvernement, abus de confiance, commissions secrètes et recyclage de produits de la criminalité ont pesé contre lui. 
«Évidemment, il n'y aura pas de procès pour M. Porter, mais il y aura des procès pour les autres qui sont accusés», a fait valoir la ministre de la Sécurité publique. «J'imagine qu'un jour, peut-être, on pourra avoir le fin fond de l'histoire. [...] C'est un acteur central qui disparaît, mais il y a d'autres personnes qui sont impliquées qui pourront certainement nous en apprendre» sur ce qui s'est passé.  
Outre M. Porter, l'ex-président de la firme SNC-Lavalin, Pierre Duhaime, un ex-v.-p. à la division construction chez SNC-Lavalin, Riadh Ben Aïssa, l'ex-directeur de la planification et de l'implantation au CUSM et bras droit de M. Porter, Yanaï Elbaz, et Jeremy Morris de la firme Sierra Asset Management sont au nombre des coaccusés dans l'affaire. 
Selon les mandats d'arrestation, les dirigeants de SNC-Lavalin auraient offert, par l'intermédiaire de M. Morris, des sommes d'argent et des bénéfices à MM. Porter et Elbaz afin d'obtenir le contrat de construction du superhôpital anglophone à Montréal. M. Porter et son bras droit auraient accepté quelque 22 millions $ en pots-de-vin. 
L'affaire a été qualifiée de «plus grande fraude de corruption de l'histoire du Canada» par un enquêteur au dossier.