François-Thomas Michaud a fondé l'entreprise Feldan Therapeutics en 2007 avec deux collègues pendant qu'il terminait son doctorat.

François-Thomas Michaud: Fonder une entreprise pendant le doctorat

Diplômé en génie chimique avec un profil en biochimie à l'Université Laval, François-Thomas Michaud a fondé l'entreprise Feldan Therapeutics en 2007 avec deux collègues pendant qu'il terminait son doctorat, obtenu en 2009.
Aujourd'hui, il est le seul de l'équipe des fondateurs à demeurer à la tête de l'entreprise qui se spécialise entre autres dans la fabrication d'un procédé pour modifier le code génétique des cellules NK. Les Natural Killer font partie de la famille des lymphocytes et les modifications de Feldan Therapeutics les rendent plus efficaces dans le traitement de certains cancers lorsque les autres types de thérapies ne sont plus efficaces, explique M. Michaud.
«Nous pouvions nous permettre de continuer le doctorat en fondant la compagnie, car avec les bourses d'études nous n'avions pas à nous préoccuper immédiatement de la rentabilité pour nous verser un salaire», continue M. Michaud. «Cela nous donnait la flexibilité de vérifier et tester nos projets de soir et pendant les fins de semaine avant de nous lancer à plein temps en affaires.»
Dans les premières années de la compagnie, les chercheurs devenus homme d'affaires sous-louaient des laboratoires à l'Université Laval.
Alors que son doctorat portait sur un point précis de l'analyse par spectrométrie de masse des protéines, ses études lui auront permis de parfaire ses connaissances dans un sujet pointu et de développer un réseau de contacts avec des spécialistes avant de s'attaquer à ses projets. La technologie envisagée devait transporter de nouvelles protéines dans une cellule à l'aide d'un peptide qui deviendrait une sorte de navette.
Le développement de cette technologie sert à développer des thérapies pour ces pathologies précises, souligne M. Michaud. «Nous utilisons les cellules NK extraites du corps humain pour modifier leur code génétique à l'aide de protéines. Nous programmons le code génétique de ces cellules pour qu'elles reconnaissent un cancer spécifique. On réinjecte les cellules au patient pour renforcer son système immunitaire et combattre un cancer bien précis.»
Ce sont des traitements extrêmement coûteux utilisés en deuxième ou troisième ligne chez des personnes qui ont eu deux ou trois cancers traités avec de la chimiothérapie, mais qui se retrouvent sans autres options. «C'est efficace», soutient le scientifique et homme d'affaires.
Pourquoi ne pas l'utiliser en première ligne comme traitement. «Peut-être un jour, mais à cause des coûts et de l'agressivité du traitement. Puisqu'il s'agit du système immunitaire, il faut être prudent au cas où le système immunitaire s'emballerait et toucherait de mauvaises cibles. Ce serait très dommageable.»
Il existe actuellement des technologies comparables avec les lymphocytes T modifiés pour le traitement de leucémie avec des taux de rémission variant de 80 à 90 %. Pour les cellules NK modifiées, il y a des avantages pour d'autres types de cancers. «L'efficacité touche principalement les cancers avec tumeurs», continue M. Michaud. «Notre technologie semble actuellement être la seule pour l'instant capable de modifier les lymphocytes NK.»
Le marché de l'immunothérapie est en pleine croissance, assure-t-il. «C'est le domaine le plu «hot» en biopharmaceutique.»
Au démarrage de l'entreprise, pendant les études de doctorats des fondateurs le plan d'affaires était de fabriquer des protéines recombinantes pour les vendre pour programme de recherche et de développement. «Nous avons eu de gros contrats avec des entreprises majeures aux États-Unis. En 2010, nous avons commercé à développer le projet avec les cellules NK. Nous avons choisi de développer notre technologie pour créer plus de valeur avec nos propriétés intellectuelles propres dans le monde thérapeutique au lieu d'être uniquement des vendeurs de protéines. C'est avec nos propriétés intellectuelles que l'on peut avoir les meilleures croissances dans le secteur des biotechnologies.»
La réorientation s'est faite en 2013-2014. Les autres cofondateurs ont décidé de poursuivre leur carrière dans d'autres domaines.