L'humoriste a accueilli le public par une vidéo rétro ouvrant la porte de la demeure Morency, à Québec, quelque part dans les années 70.

François Morency: une victoire à domicile

Ça fait un moment que François Morency a quitté Québec. C'était à l'époque où l'on pouvait encore lire CTCUQ sur les billets d'autobus, a reconnu celui qui a appris lundi la signification de l'acronyme RTC. Qu'à cela ne tienne, le comique originaire de la capitale a largement puisé dans ses racines pour créer son quatrième spectacle, Furieusement calme. Et si ses nouvelles blagues ne touchent pas la cible à tout coup, elles nous réservent un solide punch au fil d'arrivée.
Au cours de ce qu'il a décrit comme une «soirée de rêve» à la salle Albert-Rousseau, l'humoriste n'a pas tardé à mettre la table : le public a été accueilli par une vidéo rétro ouvrant la porte de la demeure Morency, à Québec, quelque part dans les années 70. Là s'est scellé son destin, lorsque son paternel lui a demandé s'il se voyait gagner sa vie à dire «des niaiseries» et être toujours célibataire dans la quarantaine.
On allait plus tard encore entendre parler des parents de François Morency. Il leur doit d'ailleurs une fière chandelle : c'est eux, sur photo, qui livrent le meilleur gag de la soirée. Ils étaient dans la salle, lundi, et n'ont pas eu à rougir de la performance de fiston, qui a reçu un accueil plus qu'enthousiaste du public.
La Peur
Au centre de Furieusement calme, Morency a placé le thème de la peur : de se faire avoir, de décevoir, de vieillir, du vide, de l'engagement. La peur du rejet donne lieu à un numéro plutôt chouette inspiré par ce qu'il ne faut pas dire en entrevue d'embauche. Celle de la mort nourrit plus tard une prière incongrue. «Dieu, c'est comme tes parents quand tu pars en appart. Tu appelles quand ça va mal. Sinon, on se reverra à Noël!», observe-t-il. Belle idée de mettre à profit les écrans géants pour prouver une nouvelle fois combien une image vaut mille mots. À l'inverse, l'exercice de style autour des messages de biscuits chinois est nettement moins réussi, tout comme le numéro d'impro dans lequel il rend hommage au public, qui casse le rythme et ne fait pas rire du tout.
François Morency est de nouveau attendu à la salle Albert-Rousseau ce soir ainsi que les 24 et 25 octobre prochain.