Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s'est prêté à une séance de dégustation lors de son passage dans un vignoble de Saint-Joseph-du-Lac.

François Legault n'a plus d'argent pour les profs

Le chef caquiste, François Legault, veut toujours soumettre les enseignants à des évaluations, mais n'a plus l'argent pour leur offrir les hausses salariales promises en 2012.
La Coalition avenir Québec (CAQ) a présenté samedi son plan pour abolir les commissions scolaires.  
Le chef caquiste a dû admettre qu'il mettrait de côté sa promesse des dernières élections d'une augmentation salariale allant jusqu'à 20 % des enseignants du primaire et du secondaire. Au moins dans un premier mandat. Les finances de l'État ne le permettent pas, selon lui. 
Toutefois, M. Legault souhaite toujours soumettre les enseignants à des évaluations. En 2012, il suggérait deux évaluations par année, puis de la formation pour ceux qui en ont besoin. Cette fois, il est question d'une seule évaluation annuelle qui serait négociée avec les syndicats. De l'aide serait offerte à ceux qui échouent, mais ultimement, un mauvais professeur pourrait être renvoyé.
Système de contrats
La CAQ souhaite aussi instaurer un système de contrats par lequel les enseignants s'engageraient à demeurer de trois à cinq ans dans la même école. Une façon de maintenir plus de stabilité dans les établissements. 
M. Legault veut toujours abolir les commissions scolaires. Les 60 commissions francophones seraient transformées en 30 centres de services aux écoles. Les neuf commissions scolaires anglophones, elles, deviendraient neuf centres de services. 
«Les ressources qui se trouvent dans les commissions seraient beaucoup plus utiles si elles étaient utilisées pour offrir des services aux élèves plutôt que vouées à l'entretien d'une bureaucratie largement inutile», a déclaré M. Legault. 
L'abolition permettrait d'économiser 300 millions $ sur les 600 millions $ que coûtent les commissions scolaires en frais d'administration, selon la CAQ. 
Des réserves
De Saint-Jean-sur-Richelieu, Philippe Couillard a reconnu qu'il est d'accord avec «l'orientation» générale de la proposition de François Legault de «réduire la bureaucratie pour réinvestir dans l'enseignement et donner plus d'autonomie aux écoles». Mais le chef libéral n'est pas d'accord avec le moyen, selon lui un «total manque de sensibilité envers la réalité régionale».«C'est l'abolition d'une structure de proximité pour la population, notamment dans les régions.» Questionné un peu plus tard en anglais, M. Couillard a aussi parlé des communautés anglophones.
Le chef du Parti libéral se questionne aussi sur l'idée de M. Legault de remplacer les commissions scolaires par des centres de services. «Je ne vois pas en quoi on va faire un gain en termes de représentation publique», a poursuivi le chef du PLQ.
Il se demande aussi comment M. Legault pourra couper autant alors qu'il a dit vouloir protéger la sécurité d'emploi. «Les gens dans les commissions scolaires ne seront pas congédiés. Il y a quelque chose qui ne marche pas, comme d'habitude», a-t-il raillé à propos du parti du François Legault. «Ça commence toujours bien, par l'objectif de bureaucratie et ça finit toujours mal, c'est l'histoire de la CAQ.»  Avec Valérie Gaudreau