«Je pense qu'il y a une ouverture à avoir des gains d'efficacité, il faut juste être de bonne foi, a affirmé le chef caquiste François Legault.

François Legault veut rapatrier des pouvoirs d'Ottawa

Au nom de «l'efficacité», Ottawa acceptera de céder certains pouvoirs au gouvernement du Québec - comme une déclaration de revenus unique - si la Coalition avenir Québec (CAQ) se charge de négocier «de bonne foi», soutient François Legault
Le chef caquiste a présenté mercredi la plateforme électorale de son parti, dont ses revendications à l'endroit d'Ottawa. Lui qui déplore que la question constitutionnelle prenne autant de place pendant la campagne se défend de souffler la braise des «vieilles chicanes».
«On n'a pas eu de discussions récentes avec le fédéral, mais dans les 18 derniers mois, il y a eu une ouverture à faire des gains d'efficacité, affirme le chef caquiste. Personne ne peut être contre ça. Il faut juste avoir un gouvernement de bonne foi.»
En somme, pour lui, Pauline Marois souhaite que des négociations avortent, et Philippe Couillard ne courrait pas le risque d'en entreprendre. 
Le chef caquiste juge que l'on économiserait temps et argent pour les contribuables et les entreprises s'ils n'avaient qu'une seule déclaration de revenus à remplir. Au Québec, en 1954, Maurice Duplessis a instauré un impôt des particuliers distinct et déductible de celui du fédéral dans sa politique du «Maître chez nous». François Legault estime qu'une seule déclaration faite au Québec, qui enverrait sa part au gouvernement fédéral, permettrait d'économiser plus de 100 millions $ en bureaucratie. 
«On veut réduire la paperasse, dit le chef caquiste. Ça n'a pas de bon sens qu'on soit obligé de remplir deux rapports d'impôt. On pourrait très bien rapatrier les emplois des employés du gouvernement fédéral au Québec.»
La CAQ croit qu'une entente administrative est possible pour encadrer le pouvoir fédéral de dépenser, empêcher les investissements dans des compétences exclusives des provinces et obtenir des compensations financières. 
Le rapatriement de pouvoirs en environnement, comme les évaluations environnementales pour des projets économiques, en culture et en immigration, est aussi possible, affirme François Legault. 
«On n'est pas là pour faire des chicanes ou signer la constitution canadienne, a lancé M. Legault. On est là pour amener plus d'efficacité dans le fonctionnement des deux gouvernements. Je suis convaincu que nos demandes sont réalistes. Je pars avec l'idée que ça va fonctionner.»
37 engagements au lieu de 94
La plateforme de la CAQ contient 37 engagements, beaucoup moins que les 94 faits en 2012. M. Legault indique qu'il a resserré le nombre de promesses de manière à passer le message de façon plus claire. Il veut mettre en place son Projet Saint-Laurent et abolir les agences de santé et les commissions scolaires, notamment. 
Le chef de la CAQ reconnaît qu'il a «une côte à remonter» dans l'opinion publique, mais jure qu'il n'a pas l'intention d'abandonner. 
«On veut tous être premiers tout le temps, dit-il. Je suis un gagnant et j'aime mieux être premier que négligé. Mais être négligé, parfois, c'est une bonne position. Il y en a, quand ils font du vélo, qui restent en arrière et à un moment ils passent devant tout le monde.»
Il estime toujours que l'arrivée de l'éclipse référendaire survenue après l'arrivée de Pierre Karl Péladeau a bénéficié aux libéraux. «M. Couillard doit lui avoir envoyé du chocolat pour le remercier, avance M. Legault. C'est certain qu'il a joué le jeu de M. Couillard. Pour lui, c'était inespéré cette venue de PKP avec le poing levé. Il doit le remercier à chaque soir et il doit prier pour que ça continue.»