Les actifs du chef de la CAQ François Legault, cofondateur d'Air Transat, qui admet être indépendant de fortune, seront finalement connus «d'ici quelques jours».

François Legault rendra sa fortune publique

François Legault publiera finalement «au cours des prochains jours» tous ses actifs financiers, y compris ses placements et la valeur de sa maison, pour qu'il n'y ait «aucun doute sur son intégrité».
Mais pas question pour la péquiste Pauline Marois de faire de même.
Le chef de la Coalition avenir Québec a décidé mercredi matin de répondre à la demande formulée la veille par le chef du Parti libéral du Québec (PLQ). M. Legault veut ainsi couper l'herbe sous le pied de Philippe Couillard et éviter de lui permettre de faire «diversion» quant à ses liens passés avec le controversé Dr Arthur Porter.
«Je ne veux tellement pas laisser de chance à M. Couillard que je vais publier tout ce qu'il demande. Tous mes actifs et ceux de mon épouse au cours des prochains jours», a annoncé M. Legault mercredi à l'émission de Paul Arcand au 98,5 FM à Montréal. 
Et ce, même s'il persiste à trouver cette demande «exagérée».
«Mais c'est pas vrai que je vais laisser Philippe Couillard faire de la diversion sur ses propres problèmes avec M. Porter en faisant de telles demandes, a-t-il poursuivi. Je n'ai rien à cacher. Mes investissements sont essentiellement des obligations du Québec et ma maison.»
L'ex-homme d'affaires, cofondateur d'Air Transat admet être indépendant de fortune.
«Ça va amener un peu de voyeurisme de la part de certains. Mais je vous le dis, je veux qu'il n'y ait aucun doute sur mon intégrité», a dit M. Legault. 
Mardi, il avait accepté de rendre publique sa déclaration de revenus, comme il l'avait fait pour les élections de 2012, mais pas l'ensemble de ses avoirs. Il estimait que déposer ses actifs au Commissaire à l'éthique était suffisant.
Or, il va finalement tout publier pour «donner l'exemple».
Non de Marois
La volte-face de M. Legault ne change toutefois rien pour la chef péquiste, Pauline Marois. Elle trouve que la demande d'une pareille mise à nue fiscale et financière «tombe un peu dans le voyeurisme» et maintient que ses revenus, ses actifs et ceux de son mari sont dûment déclarés au Commissaire à l'éthique. Elle ajoute qu'ils n'ont aucun compte à l'étranger.
«Tout est très respectueux de nos lois fiscales et de nos lois en matière d'éthique et d'encadrement», a-t-elle affirmé.
Ses avoirs et ceux de son conjoint sont gérés par une fiducie sans droit de regard, a ajouté Mme Marois. «Peut-être que M. Couillard pourrait aussi nous dévoiler ses rapports d'impôt des cinq dernières années, ce serait intéressant», a-t-elle soulevé.
Couillard pas de «couilles»
François Legault n'a pas joué que la carte de la transparence mercredi. À l'approche du deuxième débat des chefs ce soir, le leader caquiste s'est présenté comme le seul capable de «faire le ménage» dans les finances publiques.
À ses yeux, les années de gouvernement libéral entre 2003 et 2012 ont été un échec alors que le premier ministre de l'époque, Jean Charest, avait promis de réduire la taille de l'État avec sa «réingénierie». Mais il a manqué de «courage», a affirmé M. Legault mercredi.
«Jean Charest n'avait pas de couilles. Et je pense que Philippe Couillard, il n'en aura pas plus», a lancé M. Legault lors de l'entrevue radiophonique.
Ces propos ont fait bondir Philippe Couillard qui s'est montré ulcéré par le ton des attaques de son adversaire. «J'en profiterais pour dire que le langage ordurier de M. Legault, depuis quelques jours, me déçoit énormément», a-t-il jugé.
«De le voir parler de façon scatologique, par moments, ça me sidère. Est-ce le genre de premier ministre que les Québécois veulent avoir? La réponse sera donnée», le soir du scrutin, le 7 avril, a conclu le meneur du PLQ. «Nous aussi, on a un plan pour réduire les dépenses de l'État.» 
Avec Michel Corbeil et Simon Boivin