Pauline Marois estime que le Parti québécois a une feuille de route «impeccable» en matière de financement.

François Legault lève le voile sur les «quotas» du PQ

François Legault soutient qu'il devait amasser un «quota» de 80 000 $ par an lorsqu'il était un ministre du Parti québécois (PQ). Pauline Marois parle plutôt en termes d'objectif de financement fixé pour chacune des circonscriptions.
«Quand Mme Marois accuse le Parti libéral d'avoir eu des quotas, eh bien, il y en avait aussi au Parti québécois», a révélé celui qui a siégé à l'Assemblée nationale comme ministre de 1998 à 2003, puis comme député dans l'opposition de 2003 à 2009.
La somme à amasser annuellement variait selon les circonscriptions et le poids des députés, a déclaré M. Legault. Un ministre considéré comme un «senior» comme lui avait la plus grosse cagnotte à bâtir. Quand le montant n'était pas atteint, «les gens étaient rencontrés par les gens de la permanence», a-t-il aussi dévoilé mercredi.
«Presque à chaque caucus pendant la période de financement, on amenait la liste avec un rang pour voir qui a atteint quel pourcentage de quel objectif et on essayait de faire honte à ceux qui étaient en bas de la liste», a-t-il expliqué.
La manoeuvre mettait une forme de «pression», a-t-il soutenu. «On peut penser que quelqu'un qui n'atteignait pas ses objectifs aurait pu être mal vu par le ou la chef et ne pas avoir les nominations qu'il souhaitait», a avancé M. Legault.
À la Coalition avenir Québec, il n'y a jamais eu de tels objectifs de financement par circonscription, a assuré au Soleil le porte-parole de la formation, Guillaume Leduc-Simard.
«Aucune comparaison»
La chef du Parti québécois préfère le mot objectif à quota. Dans sa formation, explique-t-elle, les objectifs de financement sont établis en fonction du nombre de membres ou de la richesse d'une circonscription. Le fait d'être un ministre ne change rien, assure Pauline Marois.
Ainsi, illustre-t-elle, une circonscription bien nantie comme Outremont peut avoir des objectifs élevés, même si le PQ n'y fait pas élire de député. «Bon an, mal an, ça soulevait beaucoup de débat parce que des membres trouvaient que leur objectif était trop élevé», souligne Pauline Marois. Les cibles sont fixées lors d'un conseil national du parti.
Selon les chiffres fournis par le PQ, la circonscription de M. Legault, Rousseau, n'a jamais eu un objectif au-delà de 74 000 $, en 2003. Il était de 70 000 $ en 2007. Toutes les autres années entre son élection et sa démission, les cibles ont varié entre 14 500 $ et 58 000 $.
La chef Marois maintient qu'il n'y a aucune comparaison à faire entre les pratiques du Parti libéral du Québec (PLQ) et celles de son parti, bien ancré dans le financement populaire.
Lorsqu'il y a eu des moments «où des personnes avaient essayé de frauder, et ce n'était pas le PQ, mais des personnes qui participaient au financement des partis politiques, nous sommes toujours intervenus très rapidement», a lancé Mme Marois. «Encore une fois, regardez notre feuille de route, elle est impeccable à cet égard», a-t-elle ajouté.
De son côté, le libéral Philippe Couillard a confirmé que les élus de sa formation continueront d'avoir un objectif individuel, en matière des contributions à ramener dans les coffres du PLQ. Jean Charest exigeait de ses ministres qu'ils récoltent chacun 100 000 $. Sous Philippe Couillard, la somme a été ramenée aux alentours de 18 000 $. Elle vaut tant pour ceux qui pourraient accéder à une limousine ministérielle qu'au simple député.
«Nos objectifs sont modestes pour les circonscriptions», a insisté le chef du Parti libéral du Québec, à son point de presse quotidien, à Montréal. «Et ils sont liés au financement populaire.
«Tous les partis font ça», a poursuivi M. Couillard au sujet des cibles à atteindre dans ce domaine.
Avec Michel Corbeil