François Legault d'accord avec Janette Bertrand sur le fond, mais pas sur la forme

François Legault comprend les inquiétudes de Janette Bertrand sur d'éventuels excès religieux au Québec. Mais la façon dont elle l'a exprimé, en parlant notamment des «riches étudiants de McGill», était «mal formulée» et «inacceptable».
«Sur le fond, Mme Bertrand est inquiète et avec raison», a reconnu d'entrée de jeu le chef de la Coalition avenir Québec de passage dans une résidence de personnes âgées de Québec.«Mais la façon dont ses propos ont été formulés, je ne pense pas que ça réflète vraiment ce qui est visé par la charte», a-t-il dit, notamment en allusion à un hypothétique scénario présenté par Mme Bertrand, où des jeunes «étudiants riches de McGill» bénéficieraient d'heures d'usage exclusif pour une piscine dans une tour à condos.
«C'est évident que la charte ne réglera rien dans les piscines privées des édifices», a rappelé M. Legault. Prendre un exemple aussi ciblé est «inacceptable», a-t-il dit.
Mais sur le fond, le chef caquiste martèle que les préoccupations de Mme Bertrand sont partagées par plusieurs Québecois.
Il blâme Pauline Marois et le Parti québécois pour avoir fait durer «pendant 18 mois» le débat sur la charte des valeurs québécoises.
«Ce qui est important est de régler le débat rapidement», a-t-il à propos des accommodements religieux.
Mais, soutient-il, Mme Marois a voulu faire «une petite game politique». «Je trouve ça un peu plate que Mme Bertrand se retrouve prise dans ce dossier. Là, dans le fond ce qu'il faudrait qu'elle comprenne, c'est que la principale coupable se retrouve juste à côté d'elle et elle s'appelle Mme Marois.»
La Coalition avenir Québec propose aussi une charte, qui encadrerait les accommodements religieux et interdirait les signes religieux chez les personnes en autorité comme les policiers, les juges ou les professeurs.