Maniwaki Francis Faubert

Francis Faubert: «entre la rage et l'écorche»***

Des histoires truffées de petites et grandes misères, un environnement sonore rugueux, où les guitares parfois grinçantes ou plus pesantes prennent le haut du pavé. Dans la création de ce nouvel album, Francis Faubert est loin d'avoir mis ses lunettes roses.
L'auteur-compositeur-interprète est revenu aux sources en retournant pendant un moment dans son village natal, Duclos en Outaouais, où il a sculpté la série de récits tout sauf hop-la-vie gravés en chansons sur Maniwaki. Outre une pièce articulée autour de l'idée du réconfort (Chaque fois, épurée à souhait et teintée de choeurs discrets), l'ambiance est plutôt sombre. Les chansons carburent à l'insatisfaction, au manque de direction, de fierté, de ressources ou d'issue. Avec comme toile de fond la nécessité, même si la quête s'avère ardue, de se tenir debout. Ce n'est sans doute pas le genre d'album à écouter quand on a le cafard. Mais sa poésie crue - «pognée entre la rage et l'écorche», dirait Faubert - mérite certainement qu'on y tende l'oreille.