Spectacle de Fontarabie a l'Impérial

Fontarabie: un enivrant et ambitieux cadeau

Nichant quelque part entre l'indie-rock et la musique de chambre, le projet était déjà ambitieux sur disque. Sa transposition sur scène se devait de l'être aussi. Sous les bons soins de Julien Mineau et de sa douzaine de musiciens, le public de l'Impérial s'est laissé enivrer samedi dans la bulle un peu étrange de Fontarabie.
C'est le genre de cadeau qui se refuse difficilement : trois propositions musicales francophones originales réunies sur une même scène et offertes gratuitement au public. Une chouette offrande du promoteur evenko aux amateurs de musique franco, qui ont répondu nombreux à l'appel : plutôt clairsemé en début de soirée, le théâtre de la rue Saint-Joseph était au final bien rempli pour entendre le projet personnel du chanteur de Malajube.
Majoritairement instrumentale, l'aventure de Fontarabie se veut cinématographique, conviant l'oreille vers des contrées sonores tantôt planantes, tantôt plus percussives, souvent un peu déroutantes. Elles ont été recréées samedi par une sorte de super groupe assumant ses influences multiples : un pied dans le rock, l'autre dans la musique classique. Bref, on a assisté samedi  à un beau trip de musiciens, plutôt expérimental sans être hermétique. «Ça ne se danse pas ben ben», a reconnu Julien Mineau en début de prestation. Certes... Mais ça s'écoute bien, par contre!
Tout ce qui a manqué à notre bonheur? Une sonorisation plus précise qui aurait permis de mieux apprécier la subtilité des arrangements et les paroles des chansons, qui se sont souvent perdues en chemin.
Bernhari
En début de soirée, l'homme-orchestre Bernhari avait lancé le bal de manière on ne peut plus convaincante en mitraillant une poignée de titres de son premier album, paru il y a quelques semaines. Maniant la batterie d'une main et le clavier de l'autre (en même temps, s'il vous plaît), l'auteur-compositeur-interprète et ses musiciens ont transporté l'Impérial dans l'univers à la fois romantique et exalté de ce disque éponyme, fortement teinté des manifs du printemps érable. Des chansons touffues et étudiées, livrées avec un enthousiasme (le monsieur en a renversé sa cymbale...) partagé par la foule. «C'est beau, ce que tu fais!» a crié un spectateur. On seconde!
Fanny Bloom
Entre Fontarabie et Bernhari, une Fanny Bloom confessant sa nervosité s'est amenée sur les planches. Les problèmes techniques (un «pad» défectueux, selon ce qu'elle a dit) qui l'ont poussée à modifier son programme n'ont sans doute rien fait pour améliorer sa situation. L'auteure-compositrice-interprète, qui a lancé il y a quelques jours son deuxième album solo, Pan, n'a pas mal fait, loin de là. Mais au fil de cette prestation composée presque entièrement de ballades, on s'est un peu ennuyé du côté vitaminé pourtant bien présent dans plusieurs de ses nouvelles chansons. Son pimpant succès estival Piscine lui a néanmoins permis de terminer en force... et avec le sourire.