Hier, Stephen Harper s'est arrêté dans un Tim Hortons à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, pour servir des cafés aux clients.

Financement public des partis politiques: Stephen Harper veut abolir l'aide

Le premier ministre sortant Stephen Harper a de nouveau menacé hier de couper les vivres aux partis fédéraux en abolissant d'ici trois ans le financement public des partis politiques. Libéraux, néo-démocrates et bloquistes ont aussitôt dénoncé cette «attaque à la démocratie» et cette «façon de faire la politique à l'américaine».
Le premier ministre sortant Stephen Harper a de nouveau menacé hier de couper les vivres aux partis fédéraux en abolissant d'ici trois ans le financement public des partis politiques. Libéraux, néo-démocrates et bloquistes ont aussitôt dénoncé cette «attaque à la démocratie» et cette «façon de faire la politique à l'américaine».
Le candidat dans Calgary-Sud-Ouest et premier ministre depuis 2006 Stephen Harper a réitéré hier qu'il mettra un terme d'ici trois ans au financement public des partis fédéraux, une politique mise en place en 2003 par les libéraux de Jean Chrétien.
«La situation maintenant veut dire qu'il y aura toujours des élections. [...] On est défait et le lendemain, le gouvernement donne des chèques pour la prochaine élection. On ne peut pas continuer comme ça», a soutenu M. Harper, hier à Dieppe, au Nouveau-Brunswick.
En 2003, le premier ministre libéral Jean Chrétien avait élaboré une refonte majeure de la loi sur le financement public des partis politiques. En s'inspirant de René Lévesque, Jean Chrétien avait interdit aux entreprises de contribuer aux caisses électorales des partis et plafonné à 5000 $ les contributions des individus (plafond ramené depuis à 1000 $ par les conservateurs). Cette réforme visait à assainir le climat politique et à rendre les partis moins dépendants des entreprises, des syndicats ou des citoyens plus fortunés.
En contrepartie, le gouvernement canadien rembourse environ 2 $ aux partis pour chaque vote obtenu lors des élections générales. C'est ce financement public que comptent abolir les conservateurs s'ils sont reportés au pouvoir le 2 mai.
Le Parti conservateur serait le moins touché par ce geste. Issu de la fusion entre l'Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur, il a toujours obtenu la part du lion de son financement grâce aux dons des individus.
Le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique (NPD) dépendent davantage du financement étatique, tout comme le Bloc québécois.
La contribution totale d'Ottawa aux partis coûte un peu moins de 30 millions $ par année. Le montant associé à chaque vote est indexé annuellement.
Pour le chef libéral, Michael Ignatieff, cette promesse de M. Harper est une «façon de faire la politique à l'américaine».
Gilles Duceppe y voit une méthode pour empêcher la progression des partis marginaux. Le Parti vert du Canada, par exemple, peut espérer récolter près de 2 millions $ d'Ottawa, et ce, même si les chances de voir un député vert à la Chambre des communes sont minces.
Pour Jack Layton, il s'agit ni plus ni moins «qu'une attaque contre la démocratie».
De lourdes conséquences
Les principaux partis - hormis le Parti conservateur - estiment que cette perte de revenus aura de lourdes conséquences sur leurs finances.
Une appréhension confirmée par une étude universitaire réalisée l'an dernier par Tom Flanagan... un ancien conseiller de Stephen Harper. Selon cet universitaire, Ottawa n'aurait pas le choix d'augmenter le plafond de contribution des entreprises pour atténuer les conséquences de la fin du financement public.
À l'automne 2008, le premier ministre Harper avait tenté une première fois de couper les vivres de tous les partis à Ottawa, y compris le sien. La réaction très vive de l'opposition avait même mené à la formation de la coalition menée par Stéphane Dion visant à renverser le gouvernement.
Avec La Presse Canadienne