Pauline Marois en compagnie de son mari Claude Blanchet à Beaupré en septembre 2012.

Financement pour le PQ : Marois assure que son mari a «respecté» les règles

Le spectre de son mari est encore venu hanter sa campagne. Lundi, Pauline Marois a reconnu que Claude Blanchet a déjà fait du financement pour le Parti québécois (PQ), mais a assuré qu'il a toujours «rigoureusement respecté» les règles.
Après les questions sur le fameux deal avec la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), dont elle a toujours nié l'existence, la chef péquiste a dû réagir rapidement, lundi soir, à un reportage de Radio-Canada.
Deux dirigeants anonymes de firmes de génie-conseil affirment que M. Blanchet les a sollicités pour du financement politique en 2007 et 2008. L'un d'eux soutient que M. Blanchet, une connaissance depuis une quinzaine d'années, lui a demandé 25 000 $ en chèques n'excédant pas 3000 $, la limite permise pour les contributions à l'époque. L'ensemble de la somme aurait été versé grâce à des prête-noms. Le dirigeant prétend qu'il a remis l'enveloppe de chèques à M. Blanchet en mains propres. Il espérait un «accès privilégié» à Mme Marois.
«Je nie complètement les informations et mon mari les nie également», a assuré la première ministre sortante.
Ce même dirigeant a signé un affidavit pour appuyer ses dires. Radio-Canada a caviardé toutes les informations qui permettraient d'identifier la source.
«Un affidavit anonyme, à quelques jours d'une élection, vous trouvez pas que ça ne sent pas très bon?» a fait valoir Mme Marois.
Le deuxième dirigeant affirme avoir versé de la même manière quelque 5000 $ au PQ à la demande de M. Blanchet.
Lors de la course avortée à la direction du PQ en 2007, des dirigeants de firmes de génie-conseil ont largement contribué à la caisse de Mme Marois. «Le Directeur général des élections a vérifié toutes les données et n'a jamais rien soulevé d'incorrect, a souligné la chef péquiste, lundi. Par ailleurs, je vous répète que notre formation politique a toujours respecté la Loi sur le financement des partis politiques. Mon mari y compris.» Lundi, le PQ a assuré que M. Blanchet avait toutes les autorisations nécessaires pour agir à titre de solliciteur.
L'un des dirigeants cités dans le reportage, qui aurait donné au fil des ans aux péquistes comme aux libéraux, s'indigne de la façon dont les solliciteurs se lavent les mains de leur pratique. «Ils vont toujours nier en disant : "J'ai demandé des chèques, j'ai reçu des chèques. Je n'ai pas l'obligation de vérification".»
Le mari de Mme Marois est peu présent pendant cette campagne. Il a fait une rare apparition à ses côtés lors du grand rassemblement au Théâtre TELUS, samedi. La chef péquiste affirme que son mari aide à sa campagne dans Charlevoix où il visite des entreprises.
Les avocats de M. Blanchet a fait parvenir à Radio-Canada une lettre qui dénonce le caractère mensonger et frivole des informations obtenues et menace de tenir responsable la société d'État pour les dommages que pourrait subir son client.
Couillard ne veut pas «lancer de boue»
En entrevue à la station CJAD, le chef libéral Philippe Couillard a enjoint son adversaire à répondre aux questions, elle qui est si prompte à prodiguer des leçons d'éthique. Elle doit s'expliquer comme lui-même a dû le faire lorsque des interrogations ont été soulevées, a-t-il soutenu. Mais M. Couillard dit qu'il résiste à la tentation de «lancer de la boue» parce que «ça n'aide pas la démocratie et les Québécois».
Québec solidaire a réagi à la nouvelle en disant comprendre le «choc» et la «stupéfaction» de la population.
«Mais ayant nous-mêmes produit deux rapports sur le financement illégal du PLQ et du PQ, nous sommes déçus, mais malheureusement pas étonnés de voir une autre illustration de ce que les partis usés par le pouvoir sont devenus», peut-on lire dans le communiqué publié en soirée.
La formation politique a exhorté les électeurs à «sanctionner clairement ces vieux partis qui gangrènent notre démocratie et qui érigent en système la collusion et la corruption» lors du scrutin du 7 avril. 
À la Coalition avenir Québec, le chef François Legault a brièvement réagi aux révélations . «Les questions devront être posées à Mme Marois, moi je n'en sais pas plus que ce qu'on a annoncé», a-t-il dit sur les ondes de Radio-Canada. Appelé à élaborer, le porte-parole de la CAQ, Guillaume Simard-Leduc, a dirigé les médias qui suivent la caravane caquiste vers un message de François Legault sur le site Twitter. «Je déplore que les Québécois soient appelés à voter sans connaître les conclusions de la Commission Charbonneau», a écrit François Legault à 20h50. Le chef de la CAQ commentera davantage mardi.
Québec solidaire a réagi à la nouvelle en disant comprendre le «choc» et la «stupéfaction» de la population.
«Mais ayant nous-mêmes produit deux rapports sur le financement illégal du PLQ et du PQ, nous sommes déçus, mais malheureusement pas étonnés de voir une autre illustration de ce que les partis usés par le pouvoir sont devenus», peut-on lire dans le communiqué publié en soirée. 
Avec Michel Corbeil, Valérie Gaudreau et La Presse Canadienne