Fichez-moi la paix avec le baseball AA

Des gens viennent souvent me voir au Stade municipal du parc Victoria pour discuter de baseball. Je ne me tanne pas d'en parler. Les échanges sont cordiaux et concernent surtout les Capitales et le baseball indépendant.
On diffère parfois d'opinion, mais la très grande majorité des amateurs pensent un peu comme moi. Compte tenu du rapport qualité-prix, ils en ont pour leur argent aux matchs des Capitales. Ils se disent néanmoins agacés par une ligue à quatre équipes. Il y en aura cinq la saison prochaine avec le retour d'Ottawa. Peut-être une sixième, sait-on jamais?
Les amateurs souhaitent également la poursuite des affrontements avec des adversaires de l'American Association, l'autre circuit de baseball indépendant dirigé par Miles Wolff. Ils réclament une véritable fusion avec ce circuit.
Abordés beaucoup moins souvent, deux sujets me donnent cependant des boutons. Le baseball de calibre AA et les commentaires de quelques esprits obtus qui soutiennent que les Capitales n'appartiennent pas vraiment au sport professionnel. De l'ignorance ou de la mauvaise foi? Disons un peu des deux.
C'est l'évidence même. Le baseball de calibre AA ne convient pas au climat de Québec avec son calendrier de 140 matchs. La saison des Capitales se met en branle à la fin du mois de mai et elle est souvent perturbée par les nombreuses sautes d'humeur de la météo. Imaginez un peu si on devait jouer en avril à Québec?
Je ne suis plus capable d'entendre ceux qui disent qu'on verrait les plus beaux espoirs du baseball avec le calibre AA. Ces surdoués ne feraient que passer pour disparaître après un ou deux mois. Je préfère de beaucoup assister aux exploits des Eddie Lantigua, Goefrey Tomlinson, Sébastien Boucher et d'autres pendant six, sept, huit ou neuf ans. Et je ne compare pas ces joueurs aux plus beaux espoirs du baseball majeur. Avis à ceux qui voudraient en faire des gorges chaudes.
Des vrais pros
Une autre remarque qui me fait bondir, c'est que les Capitales n'appartiennent pas au sport professionnel. Faudrait se faire une idée. Certains réclament du vrai baseball professionnel avec le calibre AA. Oublieraient-ils qu'une dizaine de porte-couleurs des Capitales ont déjà joué dans le AA ou le AAA? Et les meilleurs d'entre eux n'ont pas pris seulement une tasse de café dans ces niveaux.
Ils font insulte au talent des Karl Gélinas, Sébastien Boucher, Jonathan Malo et autres, ceux qui nient le statut professionnel à l'équipe québécoise. Bien sûr, on souhaite tous une ligue Can-Am en meilleure santé. Dans le moment, c'est ça ou rien. Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Il est préférable de consolider ce qui existe que de s'accrocher à des chimères. Si vous connaissez une meilleure avenue pour le baseball professionnel à Québec, dites-le-moi! Je le ferai vite savoir à qui de droit.
Les gens se méprennent souvent sur la qualité des joueurs qui aboutissent dans le baseball indépendant. Un joueur libéré par le baseball affilié n'est pas nécessairement un mauvais joueur. Dans certains cas, c'est simplement un joueur qui n'a plus de chance d'atteindre les ligues majeures. Ce qui n'en fait pas pour autant un mauvais joueur pour le baseball mineur.
Si la ligue Can-Am prête flanc à la critique, elle ne peut porter tous les défauts de la terre. Elle n'est quand même pas responsable d'une panne d'électricité au Stade municipal du parc Victoria.
Des amateurs sont parfois difficiles à suivre. Depuis cinq ans, on dit que les Capitales gagnent trop souvent et trop facilement. Cette saison, on se plaint qu'ils ne gagnent pas assez souvent.
C'est un peu tout ça, la beauté du sport. Les amateurs, ceux qui font tourner les tourniquets, peuvent s'exprimer et faire connaître leur satisfaction ou leur mécontentement.
Si certains sujets me tapent sur les nerfs, la critique garde une organisation à l'écoute de sa clientèle. Tant et aussi longtemps que les amateurs se feront entendre, les Capitales auront leur raison d'être!