Les Septiliens Louis-Jean Cormier et Florent Vollant, deux têtes d'affiche du Festival Innu Nikamu 2014, qui place la musique au coeur du partage entre les peuples.

Festival Innu Nikamu: la culture innue pour unir et réunir

La culture rapproche les hommes. La communauté innue de Mani-Utenam, voisine de Sept-Îles, l'a compris il y a longtemps. Depuis 30 ans, les Premières Nations du Québec entier s'y donnent rendez-vous pour bâtir des ponts entre elles, au rythme du Festival Innu Nikamu, une grande fête de la musique autochtone, sans alcool.
Les «Blancs» se mêlent aussi aux festivités, qui parviennent à faire taire les préjugés.
Innu Nikamu, c'est l'Innu qui chante. Sans prétention, tout le monde sans exception est invité à festoyer au son des artistes autochtones bien en selle dont Samian (en spectacle samedi), et ceux de la relève, comme Shauit et Beatrice Deer. «Y'a ici, un esprit dont on peut être fier, un esprit de fraternité, d'humanité», lance le fondateur du festival et tête d'affiche de l'édition 2014, Florent Vollant.
Tout spécialement pour souffler les 30 bougies d'Innu Nikamu, l'artiste rejoindra dimanche son camarade de Kashtin, Claude Mckenzie, le temps d'une prestation quasi historique du groupe, qui a connu un succès fulgurant à travers la province dans les années 90. «Kashtin est littéralement venu au monde à Innu Nikamu», affirme le chanteur qui a grandi à Mani-Utenam.
Créé dans la foulée de l'Année internationale de la jeunesse en 1984, le festival fait, année après année, une grande place à la relève musicale et aux jeunes des communautés. Contrairement à ce que certains peuvent penser, c'est notamment pour préserver l'aspect très familial de l'événement que la fête s'est toujours déroulée sans alcool. «Il y a encore des préjugés», déplore le coordonnateur en chef, Kim Fontaine.
Artistes non autochtones
«Je pense que le festival ne dégageait pas non plus ce qu'il était vraiment, c'est pour ça que nous avons choisi de le médiatiser davantage, dénote-t-il. On veut vraiment que tout le monde puisse en profiter.» Même si la porte n'a jamais été fermée, l'organisation invite maintenant de façon plus personnelle les non-autochtones à prendre part aux festivités. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les Septiliens sont nombreux à ne s'être jamais déplacés à l'Innu Nikamu.
La venue d'artistes québécois sur les planches de la scène du festival autochtone incite cependant de plus en plus la participation d'allochtones. Le comité a réussi un bon coup de filet cette année avec la présence du Septilien Louis-Jean Cormier, qui a profité de ses vacances en famille pour offrir une prestation en toute simplicité, le soir de l'ouverture. L'ex-coach de La voix a même réussi à attirer une foule record pour un jeudi.
«T'es à côté de chez vous, t'arrives et tu vis une expérience qui t'amène complètement ailleurs», témoigne l'auteur-compositeur-interprète, qui confie vivre enfin «son premier Innu Nikamu», bien qu'il ait quitté Sept-Îles il y a 18 ans. «Côtoyer les Innus d'une manière très pacifique et saine, ça peut juste faire du bien pour le reste de l'année. C'est une façon de se dire qu'on s'aime, malgré nos différences.»
Plus de 7000 festivaliers sont attendus durant la fin de semaine sur les terres de Mani-Utenam, situées à une dizaine de kilomètres à l'est de Sept-Îles. La programmation se trouve au innunikamu.ca.