Natalie Choquette a eu l'idée saugrenue d'incarner Élisabeth 1re d'Angleterre et d'imaginer son personnage dans les situations les plus anachroniques et les plus loufoques qu'on puisse imaginer.

Festival d'opéra: Natalie Choquette, reine de l'extravagance

Natalie Choquette prête à rire. C'est sa plus grande qualité et son plus grand mérite. Sur scène, elle se démène comme une diablesse, elle chante la tête en bas, elle se costume comme la reine du mauvais goût, elle se lance tête baissée dans des scènes à dormir debout, et c'est toujours en fin de compte pour se moquer d'elle-même. Son humour est simple et naïf, il n'a rien de méchant. Voilà peut-être pourquoi les gens l'aiment tant. Sa gentille espièglerie les fait retomber en enfance.
C'est à tout rompre que la foule a applaudi Diva by Night, le spectacle de variétés présenté en ouverture non officielle du Festival d'opéra de Québec, hier soir à la salle Octave-Crémazie. On était peut-être à des années-lumière de l'opéra, mais personne n'a eu l'air de s'en plaindre. 
Natalie Choquette a eu l'idée saugrenue d'incarner Élisabeth 1re d'Angleterre et d'imaginer son personnage dans les situations les plus anachroniques et les plus loufoques qu'on puisse imaginer. Le pianiste Dominic Boulianne et le violoncelliste Dominic Painchaud l'accompagnent dans son délire.
Son numéro le plus étonnant? Probablement celui de la reine couchée sur le divan du psychanalyste et qui chante Dans la prison de Londres en jouant des cuillères de bois pendant que le violoncelliste se lance dans un numéro de claquettes. Avouons qu'il fallait y penser. 
Son plus touchant? Sûrement Il venait d'avoir 18 ans, chanté avec, dans la voix, une mélancolie qui semblait n'avoir rien de feint.
Certes, la comédie suppose une technique de jeu que la chanteuse et ses deux comparses ne maîtrisent pas toujours. Les répliques tombent de manière approximative et les acteurs se coupent souvent la parole.
Le chant pose également des exigences techniques auxquelles Mme Choquette ne sait pas toujours répondre adéquatement. When I am laid, cet air fabuleux tiré du Didon et Énée de Purcell, manquait de justesse. De toute façon, ce morceau profond et grave cadrait mal dans le contexte de la comédie satirique.
On doit en terminant souligner le soin apporté à la confection des costumes et l'imagination dont a fait preuve Rossignol en les concevant.