Festival d'opéra de Québec: un Requiem théâtral

On connaît enfin les spectacles qui graviteront tout autour du Requiem de Verdi, l'attraction principale du 4e Festival d'opéra de Québec. Grégoire Legendre et son équipe ont levé le voile sur la programmation complète, jeudi.
Pour célébrer l'art lyrique, du 23 juil-let au 4 août, le Festival mettra notamment à l'affiche L'enfant et les sortilèges de Maurice Ravel. Cette première production 100 % maison réunit une demi-douzaine de chanteurs de chez nous, dont la mezzo-soprano Julie Boulianne. «Un des objectifs du Festival, c'est de mettre en valeur des artistes et des artisans de Québec et du Québec», a rappelé Grégoire Legendre. Philippe Soldevila signe la mise en scène, Claudia Gendreau, les décors, Érica Schmitz, les costumes.
L'enfant et les sortilèges n'est pas un opéra en bonne et due forme, mais une fantaisie lyrique d'une durée assez courte, 50 minutes environ, qui s'adresse au public de tout âge. Il s'agit en outre d'une toute nouvelle version de chambre pour flûte, violoncelle et piano à quatre mains, format qui convient parfaitement à la salle Octave-Crémazie. Elle y sera présentée à quatre reprises, les 24, 25, 26 et 27 juillet à 20h.
Verdi et Michel-Ange
Le metteur en scène Paolo Miccichè avait fait spécialement le voyage depuis l'Italie pour venir parler de sa vision du Requiem de Verdi. Rebaptisée Le jugement dernier, cette proposition pour le moins originale «va plus loin que la simple mise en image du Requiem de Verdi, a-t-il expliqué. Il s'agit d'une nouvelle dramaturgie qui unit l'oeuvre de Verdi à celle de Michel-Ange».
Des projections reproduisant les détails des fresques qui ornent le plafond de la chapelle Sixtine font partie intégrante du spectacle. Le résultat promet d'être spectaculaire.
Déjà, le Requiem tient beaucoup plus de l'opéra que de la liturgie, fait valoir le metteur en scène. Grâce au concept visuel qui vient s'y greffer, c'est une sorte d'immersion dans l'oeuvre qui attend les spectateurs, les 1er, 3 et 4 août à 20h, à la salle Louis-Fréchette. «Les gens ne viendront pas s'asseoir pour entendre un concert, a assuré M. Miccichè. On ne leur fera pas la visite guidée de la chapelle Sixtine non plus.»
Le jugement dernier a déjà été présenté à Cannes et à Moscou. On profite de la reprise du spectacle à Québec pour apporter des améliorations. «Nous ferons un pas de plus vers la réalisation du plan original», a promis le metteur en scène. Pour la première fois, les quatre solistes et la soixantaine de choristes réunis sur scène porteront des costumes. Tous chanteront sans partitions, de sorte qu'ils donneront l'impression de baigner au milieu des projections.
L'Orchestre symphonique de Québec accompagnera les chanteurs depuis la fosse. La soprano américaine Latonia Moore, la mezzo-soprano grecque Eleni Matos, le ténor italien Manrico Tedeschi et la basse brésilienne Luiz Ottavio Faria seront les solistes. Le chef Jacques Lacombe, à qui on avait initialement confié la direction musicale du spectacle, a dû se désister. Son remplaçant n'a pas encore été choisi.
Violons du Roy
Le coup d'envoi sera donné le 23 juillet à 20h à la salle Raoul-Jobin. En compagnie des Violons du Roy et du chef Bernard Labadie, deux brillants jeunes chanteurs, la soprano allemande Sophia Brommer et le contre-ténor australien David Hansen, interpréteront des airs tirés des opéras de Vivaldi et de Handel.
Plusieurs activités seront par ailleurs de retour, notamment la Brigade lyrique, qui sillonnera comme à son habitude les différents parcs de la ville à raison de deux prestations par jour. La Chapelle du Musée de l'Amérique francophone accueillera Wagner à l'apéro, un rendez-vous gratuit animé par George Nicholson en compagnie du ténor Guy Lessard et de ses partenaires de Tempêtes et Passions. À la Maison Jaune, un groupe de jeunes chanteurs présenteront La plus belle fleur du jardin impérial, un opéra d'inspiration chinoise écrit par la chanteuse Nathalie Magnan et s'adressant aux enfants et aux jeunes ados.