Vendredi dernier, des dizaines de milliers de fans de Lady Gaga ont envahi les plaines d'Abraham pour assister au concert de la chanteuse à l'occasion du Festival d'été de Québec.

Festival d'été: l'heure des bilans

Il y en aura toujours pour se plaindre du Festival d'été de Québec (FEQ) : les amateurs de rock refoulés à l'entrée du Pigeonnier qui se lamentent devant une tête d'affiche francophone sur les Plaines, les nostalgiques qui se rebutent devant la grosse machine qu'est devenue l'organisation, les amoureux de chanson franco qui frissonnent devant les vedettes anglophones, majoritaires sur la scène principale. S'il ne pourra jamais plaire à tout le monde, le FEQ a néanmoins rempli ses promesses d'équilibre et de diversité cette année.
Daniel Bélanger au Parc de la Francophonie.
Lundi 7 juillet: spectacle de Louis-Jean Cormier sur les Plaines d'Abraham
Volet franco: promesses tenues
Il y en aura toujours pour se plaindre du Festival d'été de Québec (FEQ) : les amateurs de rock refoulés à l'entrée du Pigeonnier qui se lamentent devant une tête d'affiche francophone sur les Plaines, les nostalgiques qui se rebutent devant la grosse machine qu'est devenue l'organisation, les amoureux de chanson franco qui frissonnent devant les vedettes anglophones, majoritaires sur la scène principale. S'il ne pourra jamais plaire à tout le monde, le FEQ a néanmoins rempli ses promesses d'équilibre et de diversité cette année.
Comme c'est devenu la tradition, cette 47e programmation a pris son envol sur les plaines d'Abraham avec un spectacle concept consacré à la chanson francophone. S'il était un peu assis entre deux chaises, l'hommage à Félix Leclerc a offert une nette amélioration par rapport aux propositions des dernières années. Le cadre était bien un peu rigide, voire conservateur, mais on a quand même eu droit à quelques moments d'audace en ouverture.
Louis-Jean Cormier a offert la seule autre soirée franco sur les Plaines. Tant pis pour les fans de Three Days Grace qui pensent autrement, il avait bien sa place sur la grande scène. Et je doute de toute manière que la foule massée à l'intérieur et autour du Pigeonnier ce soir-là dépassait celle qui prenait place sur les Plaines au même moment.
Il est légitime d'aspirer à plus de français sur le site principal, mais on ne peut nier que la langue de Daniel Bélanger (qui a renoué avec le parc de la Francophonie) a été bien représentée sur les autres scènes. Place D'Youville, notamment, a souvent débordé devant des artistes francophones comme Grand Corps Malade, Damien Robitaille ou Tiken Jah Fakoly.
Au-delà de ces considérations linguistiques, le FEQ a rempli son mandat de ratisser large dans son offre musicale et d'éviter la compétition indue entre ses scènes. Du rock ou de la pop sur les Plaines pendant qu'on trouve de la chanson ou de l'électro au parc de la Francophonie... et ainsi de suite! Les conditions étaient réunies pour qu'un festivalier trouve son compte le plus souvent possible.
Précision sur deadmau5
Les aléas de l'heure de tombée peuvent poser tout un défi aux journalistes qui couvrent des spectacles en fin de soirée. Je me suis butée pendant le FEQ à celui de deadmau5, la tête d'affiche de la soirée électro sur les Plaines. Au moment de transmettre mon texte, on vivait une belle montée d'intensité... qui s'est essoufflée - voire écrasée - un peu plus tard. C'est le genre de détails qu'on aurait aimé rapporter. Trop tard, les presses tournaient déjà! Geneviève Bouchard
Mardi 8 juillet: The Killers sur les plaines d'Abraham
St. Vincent
Volet anglo: une année faste
Après avoir réalisé un déficit en 2013, le Festival d'été de Québec (FEQ) a pris les grands moyens pour bonifier sa programmation en apprenant des éditions passées. Aidés par le beau temps qui a presque toujours été de la partie, les organisateurs ont vu leurs sites se remplir presque tous les soirs.
En plus de s'assurer de la présence de valeurs sûres comme Lady Gaga, Billy Joel et Bryan Adams, le FEQ a osé pour ses autres soirs sur les Plaines et son audace a rapporté. Le rock lourd de Queens of the Stone Age et Soundgarden et le rock alternatif de The Killers a fait courir les foules même si on ne se trouve pas sur le terrain de la nostalgie.
Le parc de la Francophonie était presque toujours rempli et, à certaines occasions, plusieurs festivaliers s'en sont vu refuser l'accès. Il était également possible de faire de belles découvertes en salle, comme St. Vincent ou San Fermin.
Scènes
Le défi d'une programmation forte et variée a été relevé, restera maintenant à relever celui de la gestion de ses scènes. Car, oui, les plaines d'Abraham étaient toujours bien remplies lors du programme principal, mais les groupes des premières parties devaient souvent se produire devant des foules clairsemées.
Et au même moment, le parc de la Francophonie débordait parfois déjà. La marge est grande entre les Plaines, qui accueillent plusieurs dizaines de milliers de festivaliers, et le «Pigeonnier», qui peut en recevoir environ 5000. Qu'on ne pense cependant pas programmer des spectacles à l'Agora ou au Colisée, ça briserait l'esprit du festival où toutes les scènes sont situées à quelques pas l'une de l'autre.
Pourquoi ne pas programmer un Three Days Grace sur les Plaines, en première partie d'une grosse locomotive comme Queens of the Stone Age? Ou un Cypress Hill juste avant Snoop Dogg, qui ne joue qu'une heure de toute façon? En même temps, un ASAP Rocky ou les Pretty Reckless, qui ont déjà beaucoup de fans à Québec, auraient probablement été capables de remplir le parc de la Francophonie si on leur avait ajouté d'autres noms du même calibre.
Tout cela n'est pas une affaire de franco contre anglo ou de hipsters contre mottés, il s'agit simplement d'avoir le bon artiste au bon endroit, ce qui n'est pas chose simple avec toutes les contraintes auxquelles les programmateurs font face.
Laissez-passer
Le Festival devra aussi se pencher sur sa vente de laissez-passer. Si le président Daniel Gélinas a affirmé qu'on en avait vendu plus que l'an dernier, ils n'ont pas tous été écoulés malgré une programmation solide. Voudra-t-on en diminuer le nombre à l'avenir, histoire de recréer l'effet de rareté et de pouvoir vendre des billets quotidiens qui n'ont pas été rendus disponibles pour une deuxième année consécutive?
Et la fameuse zone avant-scène, qui a grossi pour occuper la moitié de l'avant-scène? Il sera difficile de l'agrandir encore sans provoquer une levée de boucliers même si l'ajout de 1500 billets, tous vendus dans le temps de le dire, a procuré près de 1 million $ de plus au FEQ cette année.  Ian Bussières