À 20 ans, Félix Paquet vit sa première année dans le corps de ballet du Ballet national du Canada, après deux années comme apprenti.

Félix Paquet: parcours mixte

Il faut des garçons pour jouer les grands ballets du répertoire, mais ceux-ci ne se bousculent pas pour avoir une place parmi les ballerines. Sauf quand la joie de danser est plus forte que tout. Comme pour Félix Paquet, qui a commencé au Service de loisirs de la Ville de Québec et qui vit maintenant sa première année dans le corps de ballet du Ballet national du Canada, à Toronto.
Après avoir suivi le programme danse-études avec l'École de danse de Québec, le jeune homme est admis à L'école du Ballet national du Canada à 14 ans. Il se retrouve alors loin de chez lui, en résidence et entouré d'anglophones. «Parfois, je me demande comment j'ai fait, confie-t-il, mais ça a fini par devenir une belle grande famille, où on était tous amis et très unis.»
Malgré qu'on trouve le terme ballet dans le nom de l'institution, la formation y intègre la danse contemporaine. Le coeur de Félix (et son corps, du moins le croyait-il) penche davantage pour le contemporain. Si bien qu'il ne se présente pas aux auditions du Ballet national à l'issue de sa formation.
«Mais la compagnie m'a remis une lettre d'intérêt, en m'invitant à travailler un an de plus. Après, à l'école, j'ai fait le rôle principal du ballet Giselle, et je suis vraiment tombé en amour avec le ballet. Mon professeur m'a fait comprendre que ce n'était pas juste une question d'esthétique et de technique, mais aussi d'être un artiste», raconte le danseur, qui s'est ensuite vu offrir un contrat d'apprenti par Karen Kain.
Au-delà du corps parfait
«C'est fou comment un manque de confiance en toi peut te nuire, mais il y a eu plein de gens pour me supporter», constate Félix Paquet, qui a à peine 20 ans. Malgré son allure athlétique et ses prouesses physiques, le jeune homme ne pouvait s'empêcher de penser à ses pieds plats et à l'absence d'hyper-extension dans ses genoux... «Ça m'a affecté beaucoup plus que ça devrait. Maintenant, je comprends que ça prend plus qu'un corps parfait pour devenir un danseur principal.»
Le programme du Ballet national comprend environ 60 % de ballets classiques (comme La belle au bois dormant, en juin) et 40 % de contemporain (comme une pièce d'Alexei Ratmansky, en mai). «Si on ne faisait que des ballets très classiques, je ne suis pas sûr qu'on maintiendrait l'intérêt du public», note M. Paquet, très heureux de cette approche mixte.