Le chanteur français Féfé - Samuel Adebiyi de son vrai nom - assume pleinement son goût pour le mélange des genres, proposant un métissage de chanson, de reggae, de funk, de blues et de pop.

Féfé: un homme et sa guitare

Une guitare offerte par un ami. Voilà ce qui a aidé Féfé à trouver sa couleur musicale en solo après une décennie au sein du collectif hip-hop Saïan Supa Crew. Le chanteur français, qui a partagé le micro avec Karim Ouellet sur son dernier album, s'amène samedi au Festival d'été, assumant pleinement son goût pour le mélange des genres et promettant de faire bouger les festivaliers qui se joindront à lui à place D'Youville.
Féfé (Samuel Adebiyi de son vrai nom) avait la trentaine lorsqu'il a négocié le virage en solo un peu «par accident», selon les dires de celui qui est passé du «rap décomplexé» à un métissage de chanson, de reggae, de funk, de blues et de pop. Attrapé au bout du fil avant son arrivée au Québec, le chanteur réfute toutefois le terme «réorientation» quand vient le temps de décrire son parcours.
«C'est une orientation tout court, nuance-t-il. Je n'existais pas avant. J'étais dans Saïan et c'était tout. Il y avait plusieurs influences et j'étais l'une d'elles, un sixième du groupe, pour être précis. Quand Saïan s'est arrêté, je me suis lancé en solo et ce qui m'est venu naturellement, c'est ça. C'est venu aussi parce qu'un ami m'a offert une guitare. Ça m'a permis d'être plus précis dans ce que j'entendais et de me découvrir en même temps. Je n'avais jamais pensé faire carrière solo avant la fin de Saïan. Ce n'était pas dans mes projets.»
Le musicien avoue avoir mis un moment à apprivoiser l'avant-scène, à trouver ses aises en marge du territoire familier du rap. Une rencontre avec le producteur américain Dan the Automator (Gorillaz) l'a aidé à assumer ses envies - et ses explorations - musicales.
«C'est de la faute de mon père... Je mets tout sur lui! note Féfé. C'était un grand mélomane et je crois que c'était un artiste frustré. Il collectionnait les vinyles, il écoutait beaucoup de choses différentes : du soul, du funk, beaucoup de reggae. Il aimait aussi la variété française. J'ai été élevé avec ça et avec l'afrobeat, qui est incontournable. J'ai été longtemps à penser que tout le monde connaissait ce que je connaissais. Après, j'ai vu que chacun avait son bagage et je me suis dit que j'avais le droit d'exploiter le mien comme je le veux.»
Voyages, voyages
Un an après la parution de son deuxième album, Le charme des premiers jours, Féfé dit travailler sur la suite des choses, dans une quête musicale qui l'a déjà amené au Nigeria et au Brésil. Cuba compte parmi les prochaines destinations du musicien, qui s'est mis en tête de traduire en musique son exploration de la culture du peuple yoruba. S'il ne sait pas encore où tout ça le mènera, il s'attend à des sonorités modernes et urbaines...
«Au début, j'étais parti sur une musique plus africaine, avoue-t-il. Depuis que je suis allé au Nigeria, j'ai eu d'autres réponses que ce à quoi je m'attendais. Ce n'est rien de folklorique, j'ai vu des choses plus spontanées.»
Féfé se souvient d'avoir joué à Québec avec Saïan Supa Crew : ça se passait il y a 10 ans, au Théâtre Capitole. «C'était autour des Fêtes... J'ai le souvenir d'une ville bien décorée!» lance-t-il en riant, ajoutant qu'il aimerait revisiter la capitale en compagnie de l'ami Karim Ouellet, avec qui il a partagé le micro sur sa chanson Parodie.
Alors que Féfé fait escale au Québec, au FEQ et au festival Nuits d'Afrique à Montréal, Ouellet revient aujourd'hui d'un séjour en Europe.
«Je suis allé le voir dans l'un de ses premiers concerts à Paris, dans une petite salle, parce qu'on avait une amie en commun», raconte-t-il à propos de Karim Ouellet. «J'ai vraiment kiffé, ajoute-t-il. Je ne savais pas qui il était, je savais juste qu'il était du Québec. Je ne m'attendais à rien, je n'avais rien écouté avant. Et j'ai passé un très bon moment.»
Vous voulez y aller?
Qui : Féfé
Quand : samedi, 18h30
Où : place D'Youville
Accès : gratuit
Tél. : 418 529-5200 ou 1 888 992-5200