Marie-Pier Gagné a été happée mortellement sur le boulevard Laurier, mais son bébé a pu être sauvé.

Faits divers et histoires d'êtres humains

Même si les régions de Québec et de Lévis sont reconnues parmi les plus sécuritaires au Canada au chapitre de la criminalité, 2016 prouve qu'il est parfois impossible de se prémunir contre la négligence ou la bêtise humaine. L'année nous a aussi servi des histoires émouvantes causées par de triste coups du sort. Le Soleil a recensé quelques-uns de ces récits marquants.
En hommage à Marie-Pier
Le mercredi 10 août, Marie-Pier Gagné, 27 ans, a été heurtée mortellement alors qu'elle était aux feux piétons sur le terre-plein du boulevard Laurier. La future maman avait un rendez-vous au CHUL pour s'assurer que sa grossesse se déroulait bien malgré deux jours de retard sur sa date d'accouchement. L'enfant qu'elle portait, Alexe, a été sauvée in extremis.
Un groupe Facebook pour venir en aide financière au père était mis en ligne au lendemain du drame. Plus de 55 000$ ont été amassés. Rarement a-t-on vu autant de témoignages de sympathie et d'appui.
Le Soleil apprenait récemment que l'automobiliste impliqué aurait subi une crise d'épilepsie et conduisait son véhicule contre l'avis d'un médecin donné le matin même. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales évalue la possibilité de porter une accusation.
Agressions en série à l'Université laval
La communauté étudiante était en émoi à l'automne après une série d'agressions survenues dans les résidences de l'UL.
La communauté étudiante de l'Université Laval était en émoi à l'automne après une série d'agressions survenues dans la nuit du samedi 15 octobre dans les chambres du pavillon Alphonse-Marie-Parent.
Selon les témoignages des victimes, un homme serait allé jusqu'à s'introduire sous les couvertures de jeunes femmes.
La police a mis une semaine avant d'arrêter Thierno-Oury Barry, 19 ans, principal accusé lié à quatre cas d'agression sexuelle allégués et une quinzaine d'introductions par effraction. Il aurait agi à l'aide d'un complice qui habite dans les résidences étudiantes.
L'histoire a eu une suite politique inattendue lorsqu'une jeune femme, Alice Paquet, a témoigné lors d'une vigile avoir été victime d'une agression du député libéral Gerry Sklavounos. Depuis, il a été exclu du caucus de son parti.
Refus de soins et religion
Le décès d'Éloïse Dupuis en octobre, jeune femme membre des Témoins de Jéhovah, a soulevé un débat entourant les méthodes du mouvement religieux pour convaincre ses adeptes de refuser les transfusions sanguines lors d'hospitalisation.
Manon Boyer, tante de la victime morte à la suite de complications lors de son accouchement à l'Hôtel-Dieu de Lévis, avait alerté les médias en avançant que des hauts placés du mouvement se tenaient à la porte de la chambre d'hôpital pour s'assurer que personne n'influence le choix d'Éloïse qui avait déjà refusé toute transfusion.
Le récit a eu des échos jusqu'à l'Assemblée nationale où le ministre de la Santé avait assuré que Mme Dupuis avoir donné un consentement éclairé à plusieurs reprises et que l'accès à sa chambre n'avait pu être bloqué.
Macabre découverte dans un boisé
La découverte du corps de Catherine Racine Ouellet, 26 ans, le 30 novembre sur un terrain privé du nord de la ville après sa disparition rapportée en mars soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponses.
Cette affaire pourrait constituer un dénouement dramatique à une histoire de violence conjugale survenue le 29 décembre 2015 dans Limoilou.
Un homme avait alors pris la fuite d'un domicile de Lac-Beauport avec un bambin d'un an avant d'être retrouvé et arrêté dans un immeuble de la 3e Avenue. Aucune accusation n'avait été portée contre lui à l'époque.
Policière dans l'embarras
La policière de la Ville de Québec Isabelle Morin était accusée en avril de conduite dangereuse causant la mort du motocycliste Jessy Drolet, le 10 septembre 2015 sur l'autoroute Laurentienne.
Pour le tribunal, il s'agira de savoir si la conductrice a effectué une manoeuvre illégale lors de la soirée fatidique même si elle était au volant d'un véhicule d'urgence.
L'impact fatal s'est produit vers 23h dans une zone de travaux du ministère des Transports. L'axe nord était bloqué à la circulation, qui était déviée en direction sud. Une voie, séparée par des cônes, était disponible dans chaque direction.
Les premières observations laissent croire que la policière, qui circulait en direction nord, effectuait une manoeuvre de demi-tour ou voulait prendre la sortie George-Muir, direction sud.
M. Drolet, 38 ans, circulait en direction sud. Il n'a pu éviter l'auto-patrouille, malgré une tentative de freinage.
Sergent voyeur destitué
Le Comité de déontologie policière mettait un terme en août à une histoire qui faisait jaser depuis bien des années sur la colline Parlementaire. Le sergent Stéphane Demers, membre de la Sûreté du Québec, perdait son insigne pour avoir épié des ébats sexuels dans les hôtels Hilton et Delta à l'aide d'une caméra de surveillance de l'Assemblée nationale.
Les faits se sont produits entre le 1er avril 2010 et le 4 février 2012 à l'aide de ce qui est devenu la célèbre caméra de sécurité 81 installée au sommet du parlement.
L'intimé s'en servait «pour visionner et zoomer dans les chambres de l'hôtel le Hilton en s'attardant principalement lorsqu'il pouvait constater la présence d'occupants dans celles-ci», relate le comité.
Trois gardiens qui ont utilisé la caméra de façon inappropriée ont déjà perdu leur emploi. Six autres policiers à qui on reprochait de ne pas avoir dénoncé leur collègue ont finalement été acquittés par le comité.
La famille Lapierre décimée
Le chroniqueur politique Jean Lapierre, quatre membres de sa famille et deux membres d'équipage sont décédés dans un accident d'avion survenu aux Îles-de-la-Madeleine.
Le chroniqueur politique Jean Lapierre, quatre membres de sa famille, dont sa femme Nicole Beaulieu, et deux membres d'équipage sont décédés dans un accident d'avion survenu le mardi 29 mars à 11h40 aux Îles-de-la-Madeleine.
Les insulaires d'origine se rendaient assister aux funérailles de leur père, Raymond C. Lapierre, décédé la veille de la maladie de Parkinson. Ils allaient rejoindre leur mère et une de leurs soeurs, qui vivent dans l'archipel.
Un rapport préliminaire du Bureau de la sécurité des transports a révélé que l'altitude et la vitesse de l'avion étaient trop élevées au moment de son approche pour l'atterrissage. Puis, lors du déclenchement du pilote automatique, le Mitsubishi MU-2B-60 s'est fortement incliné vers la droite avant son impact fatal.
Balade tragique
Yves Savard, un pilote de 63 ans, et Clara Cossec, une jeune femme d'origine française à qui il faisait faire une visite de la région, sont décédés le 10 décembre dans l'écrasement d'un petit avion, qui a plongé dans la rivière Etchemin dans le secteur Pintendre, à Lévis.
L'hypothèse la plus plausible serait qu'il a heurté une ligne à haute tension d'Hydro-Québec près du 812, chemin des Îles. Reste maintenant à savoir dans quelles circonstances.
Le biplace Grumman AA-1 jaune aurait connu des ennuis de moteur signalé à la tour de contrôle peu avant l'accident.
M. Savard avait réalisé le rêve de sa vie en s'achetant un petit avion, il y a quelques années. Le jour du drame, il devait participer au 70e anniversaire de sa soeur aînée.
Attaque sur un sikh
Une bagarre entre des jeunes de Québec en état d'ébriété et un touriste ontarien de confession sikhe a fait le tour du Canada en avril après la diffusion d'une vidéo mise en ligne. Selon la victime, l'attaque affichait un caractère raciste.
L'histoire a même pris une dimension politique. Le maire de Québec avait réagi, affirmant que «ce n'est pas trois petits cons qui vont défaire la réputation de la ville». Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et la ministre de l'Immigration du Québec, Catherine Weil, ont dénoncé ce geste «d'intolérance».
Interrogé par Le Soleil, l'un d'eux assumait ses actes, mais se défendait d'être raciste. Il attribuait son comportement à l'alcool et à une mauvaise gestion de la colère, ajoutant que ça aurait pu être n'importe qui. Il a finalement plaidé coupable à une accusation de voies de fait. Un autre jeune a aussi été accusé dans ce dossier.
Patrimoine parti en fumée
Un incendie intense a pris naissance dans un immeuble de logements de la rue Saint-Ignace à Saint-Raymond, en mai.
Le mois de mai commençait sur une bien triste note à Saint-Raymond dans Portneuf. Un incendie d'une rare intensité a pris naissance dans la nuit dans un immeuble de logements de la rue Saint-Ignace.
Au total, le sinistre a détruit quatre bâtiments résidentiels et commerciaux, dont celui qui abritait le distributeur local de câble Déry Télécom et la télévision communautaire et les archives qu'elle possédait.
Les bâtiments commerciaux avaient pignon sur la rue Saint-Joseph, principale artère de la municipalité dont l'architecture fait la fierté de la communauté. Par miracle, personne n'a été blessé.
Au lendemain de la tragédie, le maire Daniel Dion insistait sur l'importance de reconstruire avec le souci de conserver le patrimoine.
La ville, habituellement connue pour ses inondations avec les débordements répétés de la rivière Sainte-Anne, a aussi été forgée par les incendies. En 1899, un feu avait détruit 40 maisons de la rue Saint-Joseph, jetant 60 familles à la rue.
Une intervention critiquée
Le 6 janvier marquait un tournant pour une famille de la rue des Cyprès. Nathalie Chicoine, son conjoint Claude Gignac Jr et Jason Chicoine, 10 ans, sautaient par la fenêtre de leur logement du quatrième étage parce que la grande échelle du camion ne s'était pas déployée et que les pompiers ne disposaient pas d'équipement pour amortir leur chute.
La famille a entamé une action en justice contre la Ville et ses pompiers à qui elle reproche de ne pas avoir tout mis en oeuvre pour les sauver d'une chute.
Plus tard, on apprenait que le Commissariat aux incendies aurait omis volontairement d'intégrer à son rapport certains témoignages qui discréditent l'intervention des pompiers. Une situation qui a choqué l'avocate de la famille qui réclame une enquête indépendante.
Les deux adultes ont subi des blessures permanentes qui les empêchent de reprendre leur travail respectif.
Entre deux joints
Au printemps, la police de Québec se questionnait sur le nombre inhabituellement élevé de conducteurs arrêtés avec les capacités affaiblies par les drogues. En une semaine seulement, les patrouilleurs avaient intercepté 11 chauffards sous l'effet de substances illicites.
Une situation qui laisse craindre le pire aux corps policiers avec le projet de légalisation de consommation de cannabis à des fins récréatives par le gouvernement fédéral.
Du 1er janvier 2012 au 4 mai 2016, 213 conducteurs ont été inculpés pour conduite avec les capacités affaiblies par les drogues après avoir été interceptés par des policiers de Québec.
La meth, reine des saisies
La preuve n'est plus à faire. La méthamphétamine est accessible et abondante au Québec. Après seulement cinq mois, la Sûreté du Québec avait saisi en 2016 437 500 comprimés, soit plus que les 333 550 comprimés pour l'ensemble de 2015.
La police de Québec n'est pas en reste. 2016 a été le théâtre de plusieurs saisies d'envergure dans la capitale. En mai, elle réalisait d'ailleurs l'une des plus importantes de son histoire. En stock: 3 kilos de cocaïne, 100 000 comprimés de méthamphétamine et 19 litres de GHB.
Les limiers réalisaient un autre coup de filet marquant en avril en mettant la main sur 76 000 comprimés de fentanyl contrefaits.
Cette drogue, 100 fois plus puissante que l'héroïne, fait des ravages dans l'ouest du pays et a causé au moins sept décès à Québec depuis 2015.
Victime au passé trouble
Yan Dugas, 18 ans, a été accusé du meurtre de Mathias Breton, 73 ans, le 7 octobre dans Limoilou.
Yan Dugas, jeune homme de 18 ans, a été accusé du meurtre de Mathias Breton, 73 ans, le 7 octobre dans Limoilou. Selon des voisins de la victime, le septuagénaire craignait pour sa vie depuis quelques mois et semblait très préoccupé la journée du drame.
Il y avait aussi beaucoup de va-et-vient dans son logement, souvent des hommes dans la vingtaine qui se rendaient sur place par groupes de quatre ou cinq. Les voisins de l'accusé s'expliquaient mal l'arrestation de celui considéré comme un jeune homme discret.
Mathias Breton a déjà été condamné à deux reprises il y a 20 ans à des contacts sexuels et des agressions sexuelles sur des personnes mineures. Le procès pourrait jeter un éclairage nouveau sur les motifs de l'accusé.