Les problèmes d'endettement proviennent majoritairement de l'achat de biens de consommation à crédit, indique Francine Hamel, consultante en planification budgétaire de l'ACEF Québec.

Faire son budget rend libre

Les problèmes d'endettement sont des conséquences d'un manque de connaissances financières, d'une mauvaise analyse du budget personnel ou de celui de la famille. Et, surtout, de l'absence d'épargne. Faire son budget peut donner des ailes, assure-t-on.
C'est ce qu'affirment depuis des années les consultants budgétaires de l'Association coopérative d'économie familiale de Québec (ACEF) et ceux du Groupe de recherche en animation et planification économique de Québec (GRAPE) autant que les conseillers financiers consultés par Le Soleil.
Ils répètent que pour éviter l'endettement, il faut faire son budget, faire des prévisions à court et à long terme, avoir un coussin en épargne en cas de pépins et, surtout, éviter les achats à crédit non obligatoires.
Selon de nombreuses personnes oeuvrant dans le monde de la finance et dans les institutions financières, les bases de l'économie, du budget et de l'épargne devraient faire partie de l'enseignement obligatoire dès le primaire.
Citant quelques statistiques, Stéphane Gauvin, associé chez Raymond Chabot Grant Thornton et syndic, mentionne que 75 % des jeunes de 18 à 29 ans possèdent des cartes de crédit ayant une limite d'au moins 5000 $. Une personne sur trois dans ce groupe connaît des problèmes d'endettement à cause d'un manque de connaissance et d'éducation financière.
Pour Francine Hamel, consultante en planification budgétaire de l'ACEF Québec, les problèmes d'endettement proviennent majoritairement de l'achat de biens de consommation à crédit, que ce soit pour des meubles, des sorties au cinéma, à des spectacles ou au restaurant. Quand il sera question de survie, la carte de crédit servira même à payer l'épicerie.
«L'accès au crédit est trop facile, et les gens ne savent pas faire un budget ni prévoir leurs dépenses», insiste-t-elle, en donnant l'exemple d'une dame au bord d'une troisième faillite. «Malgré les conseils lors des deux premières faillites, elle n'a toujours pas pris l'habitude de faire un budget, des prévisions ou des provisions en cas de coups durs.»
Parmi les trucs possibles, elle mentionne une technique de planification simple. Pour payer le permis de conduire, les immatriculations ou les assurances annuelles, il suffit de diviser le montant par 12 mois et de mettre de côté mensuellement le montant à payer. Lorsque la facture arrive, l'argent est dans les comptes pour un paiement immédiat. C'est la même chose pour les cadeaux de Noël, ceux des anniversaires, pour la rentrée scolaire, les loisirs et les vêtements. Prévoir, insiste-t-elle, évite les casse-tête.
«Il faut faire la même chose pour un voyage, avance Francine Hamel. Au lieu de le payer à crédit avec un taux d'intérêt de 19 %, pourquoi ne pas économiser la somme? C'est un peu plus long que de payer tout de suite sur la carte de crédit, mais le voyage risque d'être plus agréable.»
Parmi les choix à faire, elle mentionne la facture des télécommunications (télé, téléphone et Internet). Au lieu de choisir le gros forfait, il serait plus judicieux de choisir l'essentiel. Elle donne l'exemple d'un couple payant un compte de télécommunication de près de 200 $ par mois. C'est 2400 $ par année, 24 000 $ en 10 ans. «Est-ce que toutes les options sont essentielles? Faut-il céder à toutes les modes, à toutes les nouveautés?» ose-t-elle demander. 
Il faut prendre le temps de vérifier de nombreux détails pour économiser ou dépenser intelligemment : quels sont les frais mensuels pour les transactions par carte de paiement direct?  Il faut choisir une carte de crédit avec un faible taux d'intérêt et éviter les achats à crédit du genre 50 mois sans frais. «On dirait que les consommateurs ont vu pousser un sixième doigt sur leur main, un doigt en plastique pour payer tout à crédit», lance-t-elle. «Prévoir ses dépenses, faire son budget est astreignant, mais c'est libérateur!»
Lorsque l'endettement donne des maux de tête, elle rappelle qu'il faut payer les comptes obligatoires d'abord : le loyer, l'électricité, le téléphone, etc. Et, ajoute-t-elle, les comptes qui comportent les plus hauts taux d'intérêt.