Récemment, Jennifer Boisclair a entrepris une maîtrise en gestion des services de santé, en plus de sa certification canadienne sur les urgences.

Faire la différence dans la vie du patient

Jennifer Boisclair savait depuis le secondaire qu'elle ferait carrière dans le monde de la santé. Et sa mère l'encourageait. «J'étais monitrice de natation. J'aimais le secourisme et les premiers soins», affirme l'infirmière qui compte 20 ans d'expérience. «C'était clair. Je me dirigeais vers un travail dans le secteur de la santé.»
Aujourd'hui, le même sentiment l'allume et l'anime : faire la différence dans la vie du patient à cause de sa formation, de ses connaissances et de son expertise.
De Port-Cartier à Sept-Îles, elle commence sa formation au cégep en sciences infirmières. «J'ai eu la piqûre dès les premiers cours», lance celle qui poursuivra ses deux dernières années d'études à Québec au cégep de Sainte-Foy.
Le passage des études au travail a été plus complexe que prévu. «La marche était haute», se souvient-elle en pensant à ses stages au département de chirurgie à l'Hôpital du Saint-Sacrement.
«C'était au moment du fameux virage ambulatoire. Ce n'était pas évident de faire sa place dans un tel contexte. La plupart des nouvelles infirmières comme moi n'étaient pas assez préparées pour ce passage», expose-t-elle.
Gestion en urgence
Tout en travaillant, elle choisit le parcours du baccalauréat au campus de l'UQAR à Lévis où elle obtient son diplôme d'infirmière clinicienne. Récemment, elle a entrepris une maîtrise en gestion des services de santé en janvier, en plus de sa certification canadienne sur les urgences, tout cela en lien avec son travail de formatrice du personnel de l'urgence à Saint-Sacrement comme conseillère en soins infirmiers depuis 2000.
Le patron de l'urgence de l'époque lui avait proposé ces nouvelles fonctions. «Tout était à faire», se souvient-elle. Maintenant, la formation est systématique selon le champ d'intervention autant sur les pathologies que pour les techniques d'intervention. Elle verra à modifier des procédures à la demande des médecins.
Jennifer Boisclair a toujours eu la préoccupation de pouvoir faire une différence dans la vie du patient. «Il faut savoir le rassurer, lui expliquer l'importance du traitement, avoir sa collaboration en tout temps. Il est le centre de notre travail. Il faut aussi prendre le temps de rassurer la famille, car elle s'inquiète», confie-t-elle. 
«Les infirmières sont les yeux des médecins. Elles voient si l'état du patient s'améliore ou se dégrade. Elles font la différence sur la durée du séjour à l'urgence. Nous sommes les partenaires du médecin en aidant à établir les priorités.» C'est le concept d'advocacy explique-t-elle : prendre soin de quelqu'un dans sa globalité. L'infirmière agit pour le patient en tout temps, autant dans le respect de ses droits que pour son bien-être global», insiste-t-elle.
Faire la différence pour un patient, elle l'a vécu plus d'une fois, mais elle se souvient d'un cas en particulier. Une dame arrive à l'urgence. Elle a un problème de santé mentale et des idées suicidaires. Ses interventions, son approche en douceur, sa façon de la rassurer ont permis à la dame de se prendre en main. Le lendemain, elle est revenue à l'urgence, non pour être soignée, mais pour apporter un cadeau à l'infirmière qui avait fait ce jour-là une différence dans sa vie.