Jacques Legros, candidat dans Montmorency–Charlevoix–Haute-Côte-Nord, est lui-même agriculteur à l'île d'Orléans.

Faire de l'île d'Orléans un jardin bio

Le Parti vert du Canada mérite certainement la palme de l'originalité pour l'idée maîtresse de sa plate-forme électorale régionale : la transformation de l'île d'Orléans en un vaste jardin biologique.
«Face à la crise agricole et environnementale que nous vivons, il est essentiel d'aller de l'avant avec des projets novateurs qui soutiendront la transition vers une agriculture viable et respectueuse de l'environnement», soutiennent les six candidats de la grande région de Québec.
Un gouvernement du Parti vert soutiendrait les agriculteurs pendant la nécessaire période de transition avec un programme qui éviterait toute perte de revenus. Mais c'est l'ensemble de la société qui y gagnerait, estime Jacques Legros, candidat dans Montmorency-Charlevoix-Haute-Côte-Nord et lui-même agriculteur à l'île d'Orléans.
Notamment en diminuant la pollution de l'eau potable et en redonnant aux jeunes la fierté de produire des fruits et des légumes d'ici. «Nous pourrions produire, vendre et transformer localement, tout en réduisant notre dépendance aux importations.»
M. Legros soutient que les produits de ce projet pilote d'île biologique pourraient être compétitifs, en réinventant la façon de les distribuer auprès des gens, notamment en se servant d'Internet. Ce qui permettrait «d'éliminer le blocage des grands épiciers face aux produits locaux».
L'idée emporte une certaine adhésion à l'île d'Orléans. Selon un sondage réalisé par l'hebdomadaire La terre de chez nous, auquel 422 personnes ont participé, 58,5 % des gens seraient pour et 36,5 % contre.
Concernant les élections de mardi, les candidats du Parti vert ne se font pas d'illusions même si «quand on est en politique, on a toujours un petit espoir d'être élu», souligne M. Legros. Une telle plate-forme, espèrent les candidats, leur permettra d'augmenter le nombre de votes en leur faveur et ainsi d'obtenir plus de budget en retour après les élections - les partis fédéraux reçoivent une allocation au prorata des votes.
Mais elle a aussi l'avantage d'alimenter le débat régional. «On n'a pas l'intention de s'arrêter après le 14 octobre. On veut travailler avec la population en fonction des défis posés par la protection de l'environnement tant au plan local que mondial. Je trouve que le programme du Parti est le plus humain, le plus près des citoyens et celui qui propose les vraies solutions.»
Les verts préconisent également la transformation du Manège militaire du Vieux-Québec en maison du peuple et l'implantation d'un tramway électrique pour favoriser le transport en commun et la diminution de la pollution. Un transfert de 1 % de la TPS et une somme bonifiée de 0,05 $ du litre provenant du fonds de la taxe sur l'essence serviraient au financement du projet. «Nous croyons beaucoup à la décentralisation des pouvoirs», sou­ligne M. Legros.