Facteur de risque pour l'économie canadienne

L'endettement des ménages est préoccupant tant au Québec qu'au Canada, car la dette est toujours en croissance. Pour la Banque du Canada, l'endettement des ménages canadiens constitue un facteur de risque pour l'économie canadienne.
En aout 2016, les économistes de Desjardins notaient que le «niveau des dettes des moins de 35 ans a monté en flèche, affichant une hausse plus prononcée que celle de leurs actifs.»
Si cette situation ne semblait pas alarmante, les analystes de Desjardins affirmaient que «la vigilance doit être accrue puisque environ 20 % d'entre eux se situent dans une zone d'inconfort sur le plan financier». 
Le constat montrait aussi que «les dettes des ménages de plus de 65 ans ont subi une augmentation. Beaucoup d'entre eux ont davantage recours à l'endettement qu'il y a une quinzaine d'années.»
Ils précisent en s'appuyant sur les données de l'enquête Ipsos Reid compilées pour le Québec, que «les dettes de l'ensemble des ménages avoisinaient en moyenne 40 000 $ en 2000, puis elles ont graduellement augmenté à près de 80 000 $ en 2015.»
La progression de l'endettement a été majeure et rapide dans les 15 dernières années, note Desjardins, mais la valeur des actifs a aussi augmenté, de sorte que «le ratio dette/actif a peu fluctué» et «le bilan financier de l'ensemble des emprunteurs est demeuré relativement sain».
Toutefois, le groupe d'économistes livre une mise en garde : «Une augmentation subite des taux d'intérêt, qui alourdit le poids des dettes, pourrait aussi s'avérer un déclencheur de problèmes financiers, [car une] partie des ménages est tout de même à risque de défaut de paiement dans le cas d'un choc économique. Une contraction de l'économie, qui ébranlerait le marché du travail et le marché immobilier résidentiel, constitue une menace.»
Au Canada
Au pays, le constat sur l'augmentation de la dette des citoyens est sensiblement la même. Dans son analyse au printemps 2016, la Banque de développement du Canada (BDC) montre que le taux d'endettement des ménages canadiens a augmenté de façon majeure dans les 25 dernières années.
«Le taux d'endettement des ménages canadiens, mesuré par leur dette par rapport à leur revenu disponible, a considérablement augmenté au cours des 25 dernières années. En fait, il a presque doublé, passant de 87 % en 1990 à 166 % en 2015», écrit la BDC dans sa lettre économique mensuelle de mai 2016.
Pour l'institution financière spécialisée auprès des entrepreneurs, lorsque les ménages sont très endettés, ils ont tendance à réduire leurs achats de biens de consommation dans le but de diminuer leur endettement ou parce qu'ils n'arrivent plus à éponger leur dette.
Le taux d'endettement élevé des ménages provoque un ralentissement marqué de la consommation, selon plusieurs analystes financiers canadiens. La possibilité d'une hausse des taux d'intérêt, même si elle est faible, devrait inciter à la prudence, selon eux.
Citant les estimations de la Banque du Canada, la BDC souligne que la part de la dette totale détenue par des jeunes ménages très endettés a augmenté entre 2008 et 2014, «passant de 28 à 40 % pour ceux dont le ratio de la dette au revenu excède 250 % et de 13 à 21 % pour ceux dont le ratio dépasse 350 %.»
Comme Desjardins, la BDC soutient qu'une crise économique ou une augmentation des taux d'intérêt placerait les ménages endettés dans une situation précaire. «Il pourrait s'avérer difficile pour certains ménages, advenant une baisse de l'emploi ou une augmentation des taux d'intérêt, de faire face à leurs obligations financières. Il en découlerait un ralentissement de la consommation, et peut-être même un recul, tout dépendant de l'ampleur du choc économique», précise l'analyse de la BDC.