Facebook avait d'abord répondu que les photos correspondaient aus standards de leur site avant de finalement éliminer la page.

Facebook réticent à retirer des photos explicites de mineurs

Publier des photos de jeunes ados qui relèvent leur jupe, prennent des poses suggestives en sous-vêtements minimalistes, est-ce condamnable? Pas selon Facebook qui a refusé la demande d'un internaute québécois d'effacer une page où l'on exposait des fillettes peu vêtues. Il a fallu que Le Soleil interpelle l'entreprise pour que le site litigieux disparaisse subitement.
Martin s'est présenté comme un père de la Côte-Nord lorsqu'il nous a contactés. Il était en colère après le refus de Facebook, le réseau social planétaire, de fermer une page où l'on exhibait de «jeunes et jolies écolières» en petites tenues.
Pourtant, déplore Martin, les «Standards de la communauté Facebook» prohibent «la publication de contenus pornographiques et de matériaux de nature sexuelle lorsqu'un mineur est impliqué». Il avait donc envoyé une dénonciation.
La réponse? «Merci d'avoir pris le temps de signaler quelque chose qui vous semble contraire à nos standards de la communauté», lui a-t-on écrit. «Ces signalements jouent un rôle important pour faire de Facebook un environnement sûr et accueillant. Nous avons examiné la page que vous avez signalée comme contenant de la nudité et de la pornographie et avons déterminé qu'elle n'allait pas à l'encontre de nos Standards de la communauté.»
Des liens de même acabit, il y en a à la pelletée. Martin nous en a envoyé beaucoup. On y trouve des photos d'enfants peu habillés, parfois avec leur jouet préféré, parfois en culotte diaphane, parfois dans des positions «adultes». «Ça m'a vraiment offusqué. J'ai trouvé ça dégueulasse.» L'internaute a donc décidé de s'impliquer dans des groupes Facebook «spécialisés» dans la traque de sites jugés pédophiles.
Groupe de «justiciers»
Difficile toutefois de faire retirer une page douteuse, se plaint-il. Facebook répondrait souvent à son groupe de «justiciers» du Web que les publications identifiées sont conformes à ses règlements. «C'est vraiment dur.»
Le Soleil a contacté Facebook pour comprendre. La réponse n'a pas tardé : «Je tenais à vous aviser que la page a été partagée avec le département respectif et qu'elle a été supprimée», écrit Alexandre Lainesse, conseiller principal chez High Road Communications. Cette firme de relations publiques représente le réseau social au Canada. Donc, Facebook a éliminé le site de «jeunes et jolies écolières» après notre envoi. «Merci d'avoir porté à notre attention cette page.»
M. Lainesse invite les utilisateurs de Facebook à dénoncer tout ce qu'ils considèrent obscène. «Une équipe complète dédiée à ce genre de demandes analyse le contenu signalé selon les critères d'utilisation de sa plateforme et pourra, en cas d'infraction, retirer le contenu en vertu de sa politique d'utilisation.»
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Un travail pour les policiers
Aussi offensantes puissent être les photos de certains sites Internet, le Centre canadien de protection de l'enfance déconseille fortement aux citoyens de s'ériger en justiciers. «C'est le genre de travail qu'on doit laisser aux policiers», commente le porte-parole francophone René Morin. Un bon Samaritain risque de nuire à des enquêtes déjà en cours, voire d'être lui-même accusé de consommer de la pornographie juvénile. Si les images et les vidéos méritent l'attention d'un agent, il faut composer le 9-1-1. Dans le doute, on peut visiter le site www.cyberaide.ca, puis visiter la section «Cliquez pour dénoncer». Plus de 2000 signalements par mois y sont enregistrés. Après vérification, les cas problématiques sont transmis aux forces de l'ordre.