Une partie des 20 artistes de l'entourage de la Galerie Morgan Bridge qui exposeront dans le futur Diamant à la mi-décembre.
Une partie des 20 artistes de l'entourage de la Galerie Morgan Bridge qui exposeront dans le futur Diamant à la mi-décembre.

Exposition S.A.U.V.A.G.E.: vue sur l'art de rue

Josianne Desloges
Collaboration spéciale
Après Le ravissement du désordre, une exposition à quatre têtes présentée en juin, l'édifice désaffecté qui accueillera le Théâtre Le Diamant d'Ex Machina en 2015 sert de terrain de jeu à plus de 20 artistes de Québec qui gravitent autour de la Galerie Morgan Bridge, du 14 au 22 décembre. Street art et skate au menu!
<p>Pierre Bouchard (NewJoeCool), instigateur de l'exposition <em>S.A.U.V.A.G.E.</em>, et Alexandre Lemay, de la Galerie Morgan Bridge</p>
<p><em>Grosse goutte 1 et 2</em> de Pishier (Pierre Girard)</p>
Tout comme Guillaume D. Cyr, Pierre Bouchard (NewJoeCool) fait partie des artistes qui se sont fait approcher par Ex Machina pour occuper le premier étage du futur Diamant, juste au-dessus des restaurants qui donnent sur la place D'Youville. Avec Alexandre Lemay de chez Morgan Bridge (la joyeuse galerie-boutique entre graffiti et street art sur la rue du Pont), il a rassemblé toute une bande, question d'habiter totalement l'espace et de transformer l'exposition en vitrine éclectique.
«Nous sommes en mode do it yourself», explique Lemay. «Les artistes amènent leur éclairage, leurs oeuvres, et on agence ça au fur et à mesure jusqu'au 14 [décembre, jour du vernissage public]. On voulait s'inspirer de Massacre à la scie de Josée Landry Sirois, Eugénie Cliche et Catherine Plaisance dans l'édifice de Florent Cousineau, près de l'ascenseur du Faubourg en 2004 avant qu'il soit démoli pour faire le stationnement.»
Ça discute gaiement lorsque Le Soleil entre dans l'espace au cachet architectural et à la beauté délabrée indéniables par la petite porte dérobée qui donne sur le terminus d'autobus. Une fois passée l'arrière-cuisine un peu glauque, on grimpe l'escalier (que Lemay souhaite égayer avec des blocs d'exposition couverts de graffitis) pour atteindre l'étage où les murs de brique sont percés d'immenses fenêtres qui donnent sur la patinoire de la place D'Youville. Il fait aussi froid dehors que dedans. L'exposition sera à visiter avec manteau et tuque de circonstance.
Les idées ne manquent pas, l'enthousiasme non plus. L'exposition s'appellera S.A.U.V.A.G.E., «parce qu'on a un désir sauvage de créer», indique NJC avec un sourire, et à cause de son côté libre, de l'absence de thème et de normes.
Alexandre Lemay promet que l'exposition est le premier d'une série d'évènements qui visent à diffuser le travail des artistes de Morgan Bridge hors de la basse ville, puis hors du centre-ville.
«C'est un peu notre réponse à la Foire en art actuel, explique-t-il. Morgan Bridge a été créé [il y aura bientôt sept ans] parce que les artistes qui faisaient des trucs inspirés du graff et qui n'étaient pas passés par l'École des arts visuels n'arrivaient pas à exposer en centre d'artistes. Et encore maintenant, si on veut diffuser notre travail, il faut prendre notre place nous-mêmes, parce que le milieu des arts visuels ne tient pas beaucoup compte de nous.»
Artistes prisés
Le collectif se fait toutefois inclusif, en invitant des artistes prisés des galeries, des centres et des musées, comme Jean-Robert Drouillard (qui expose deux sculptures de Love Louve), les peintres Dan Brault (qui présente des toiles montrées seulement au Mexique), François Simard et Nathalie Thibault, ainsi qu'Isabelle Demers.
Cette dernière compte sacrifier sa sculpture de léopard (exposée entre autres chez Regart) en l'intégrant à une «installation skatable» de Louis-David Létourneau-Gagnon et Olivier Desserres. S'ils ont le OK d'Ex Machina, une performance de skate aura lieu pendant le vernissage.
Pour l'instant, Pierre Bouchard a pris possession d'une petite pièce avec des objets (globe terrestre, ordinateur, chaise d'enfant, bouts d'asphalte...) artistiquement maculés de sa signature colorée. Un mannequin, baptisé Éros en legging, fait aussi partie du lot. Lemay a aussi apporté quelques toiles ludiques de Pishier et sensuelles de Justin Roy.
Sarah Booth couvrira mur et plancher de formes autoportantes, réalisées en gravure sur contreplaqué. «J'appelle ça des présences, ce sont des formes de corps, faites avec du papier blanc et de l'encre noire», indique-t-elle. Self travaille au stencil pour créer de délicats dessins noirs, blancs et rouges. Phelipe Soldevila (qui a fait la murale inspirée du bestiaire de Pellan coin Cartier et René-Lévesque) exposera de grands formats montrant «des formes géométriques explosives». Bien d'autres surprises attendent les visiteurs.
***
>> VOUS VOULEZ Y ALLER?
Quoi : exposition S.A.U.V.A.G.E.
Qui : une vingtaine d'artistes de l'entourage de la Galerie Morgan Bridge
Quand : du 14 au 22 décembre (fermé les lundis et mardis)
Où : futur Diamant, place D'Youville, entrée du côtédu terminus d'autobus
Entrée : libre
Info : 418 529-1682