Se décrivant comme quelqu'un de «transparent et de très humain» dans la vie, Étienne Dano a tenté de transposer ces traits de caractère dans son spectacle.

Étienne Dano: une marche à la fois

Étienne Dano a su qu'il voulait devenir humoriste à 12 ou 13 ans, la première fois qu'il a vu Daniel Lemire à l'oeuvre. Deux fois plutôt qu'une, les portes de l'École nationale de l'humour ont refusé de s'ouvrir devant lui. Qu'à cela ne tienne... Son «diplôme», il l'a reçu lorsqu'il s'est rendu compte que son idole de jeunesse connaissait son nom et avait suivi sa progression.
«Mes parents m'avaient emmené voir son spectacle et après avoir compris seulement la moitié des blagues, je me souviens de leur avoir demandé ce qu'il fait dans la vie ce monsieur-là, raconte Dano. Ils m'ont dit que c'était ça son métier. Plus tard, j'ai fait un gala-bénéfice avec lui. Je suis allé me présenter et il m'a dit: "Ben oui, Étienne, je te connais"... C'était malade! Ce soir-là, j'étais vraiment sur un nuage.»
Étienne Dano pratique son métier de comique depuis une décennie. Selon ses propres dires, il a monté les marches menant à son premier spectacle solo une à une, sans sauter d'étapes. Originaire de Beauharnois et fils de commerçants - maman donnait dans le casse-croûte, papa dans les manteaux -, il a appris l'importance de cultiver les bonnes relations avec les clients... et les spectateurs.
«Je suis quelqu'un de transparent et de très humain dans la vie, décrit-il. J'ai essayé de transposer ça dans mon spectacle. Avant de monter sur scène, je serre la main au monde dans la salle. Je les accueille moi-même. Pas pour les taquiner, pas pour les piquer... C'est comme ça que j'ai grandi. Quand tu as un commerce dans un village, la meilleure publicité que tu peux avoir, c'est de serrer des mains et de dire bonjour aux gens.»
Excessif
Avec 10 ans de bars dans le corps et un passage remarqué à l'émission En route vers mon premier gala en 2009, l'humoriste autodidacte arrive lundi à la salle Albert-Rousseau pour présenter un premier solo qu'il a voulu à son image et qu'il a baptisé Excessif. Selon lui, le qualificatif représente bien sa personnalité, lui qui réagit avec intensité quand quelque chose pique sa curiosité.
«Quand quelqu'un m'a transmis sa passion pour la pêche, le lendemain, je me suis acheté du stock pour 300 $. Même pas un an plus tard, je voulais aller pêcher en haute mer autour du monde. C'est ça qui est excessif», cite-t-il en exemple.
La thématique du spectacle est aussi propice à des sujets plus graves. Celui qui se décrit comme «un impatient» s'attaque à un problème qu'il combat depuis quelques années: le jeu compulsif. «C'est mon histoire que je raconte, note-t-il. Je viens d'une génération où c'était facile de s'acheter un billet de loterie. On ne te demandait pas tes cartes, c'est juste si on ne t'offrait pas un paquet de cigarettes en même temps. Ç'a influencé le fait que j'ai commencé à jouer.»
À l'invitation de son metteur en scène, Joseph Saint-Gelais, il s'est attaqué au jeu compulsif d'une manière qu'il a voulue drôle, mais dans l'objectif avoué de «briser des tabous». «Beaucoup de gens en souffrent et ne sont pas ouverts à parler de ça, croit-il. Peut-être qu'en me voyant le faire sur scène, ils vont se dire que ça leur ferait du bien à eux aussi d'en parler.»
Vous voulez y aller?
Qui: Étienne Dano
Quand: 7 avril à 20h
Où: salle Albert-Rousseau
Billets: 33,25 $
Info: 418 659-6710