Pauline Marois refuse «que l'on compare le PQ à l'éthique élastique du PLQ».

Éthique: le PQ est sans tache, selon Marois

La feuille de route en matière d'intégrité au Parti québécois (PQ) est incomparable avec «l'éthique élastique» des libéraux, soutient Pauline Marois.
Depuis quelques jours, la chef péquiste amène la bataille électorale sur le terrain de l'intégrité, le talon d'Achille de son adversaire principal, selon elle.
De son côté, le PQ est-il sans tache? «Je crois que le PQ a toujours respecté les règles imposées par les codes d'éthique», a répondu Mme Marois, lundi.
Elle plaide que sa formation sera mieux placée que le Parti libéral du Québec (PLQ) pour mettre en place les recommandations de la commission Charbonneau parce qu'elle l'a «réclamée bec et ongles». Elle prolongera le mandat de l'enquête si la commissaire en fait à nouveau la demande. «Nous voulons que la lumière soit faite complètement», a-t-elle assuré.
La leader souverainiste estime que le PQ a toujours lavé plus blanc que blanc en matière d'intégrité. «Je regarde la feuille de route du PLQ, et je n'admettrai jamais qu'on la compare avec le comportement du PQ, a affirmé Mme Marois. Le PQ a respecté strictement la loi électorale. Quand des gens ont enfreint la loi, des actions immédiates ont été prises. Jamais je ne vais accepter cette comparaison.»
La chef péquiste «respecte» son adversaire Philippe Couillard et se garde de lui accoler l'étiquette de corrompu «tant qu'il n'y a pas eu d'allégation et de démonstration qu'il était en cause». Mais elle passe à la moulinette son équipe dont 18 membres étaient ministres sous Jean Charest. Ceux-là, dit-elle, ont applaudi Tony Tomassi, voté contre une enquête dans l'industrie de la construction, respecté les quotas de financement de 100 000 $ par année au PLQ, étaient autour de la table lorsque Jean Charest touchait un salaire caché du parti et que des Post-it étaient accolés aux dossiers de candidats au poste de juge. «Ce n'est pas de la culpabilité par association», mais Philippe Couillard doit s'en dissocier, affirme-t-elle.
Le PLQ «a posé des gestes dans le passé qui sont inquiétants, affirme Mme Marois. Quand vous faites le bilan, on a le droit de se poser des questions.»
La chef péquiste fait peu de cas du rapport Moisan, commandé par le Directeur général des élections (DGE) en 2006, qui conclut que le PQ a sciemment «fermé les yeux» sur du financement à travers des prête-noms. Idem pour l'apport considérable en financement de dirigeants de firmes de génie à sa candidature au leadership avorté en 2007 ou la contribution illégale de 2500 $ de la fille mineure d'un ami à sa campagne à la chefferie en 2005. Elle ne croit pas que la double nomination offerte à l'origine à l'ex-chef péquiste André Boisclair a manqué de transparence.
«Jamais je n'accepterai que l'on compare le PQ à l'éthique élastique du PLQ», a répété Mme Marois lorsque les cas lui ont été soumis. Le PQ est le parti qui récolte le plus de financement populaire parce qu'il a «une longue tradition à cet égard».
Lundi, la chef péquiste a repris un engagement de 2012 avec la promesse de déposer une loi pour protéger les divulgateurs dans les organismes publics. Une telle législation aurait pu empêcher la marchandisation des permis de garderie en échange de financement politique sous les libéraux, a estimé Mme Marois.
Les régions «au moment opportun»
En 2012, lorsqu'elle jugeait qu'il était du «devoir» d'un aspirant premier ministre de visiter toutes les régions, le Parti québécois était «dans l'opposition», a fait remarquer lundi Pauline Marois. Elle a affirmé avoir fait le tour de «toutes les régions» du Québec avant les élections, et qu'il est «normal» qu'elle concentre sa campagne «dans les comtés où j'ai des gains à faire». «On n'est jamais présomptueux dans une élection et on ne tient jamais rien pour acquis», a affirmé la chef péquiste. Elle déploie son équipe partout au Québec et promet qu'elle va «aussi aller dans les régions au moment opportun».