Éthique et culture religieuse: la colère gronde chez des parents

À l'approche de la rentrée, la colère gronde dans les rangs de certains parents. Environ 150 personnes ont participé mardi à Québec à une soirée d'information organisée par la Coalition pour la liberté en éducation, qui s'oppose farouchement au nouveau cours d'éthique et de culture religieuse.
Dans la foule, plusieurs parents inquiets pour l'éducation de leurs enfants, mais aussi des grands-parents et des citoyens. «Je ne sais pas encore si je vais faire une demande d'exemption pour que mes enfants n'assistent pas au cours, mais ça me préoccupe», lance Isabelle Lauzé, une mère venue de Saint-Étienne-de-Lauzon.
L'avocat de la Coalition, Jean-Yves Côté, a mené une charge à fond de train contre le nouveau programme. «L'État ne doit jamais usurper aux parents leur rôle d'éducateur. Ce n'est pas parce que les enfants sont entre les quatre murs de l'école que les parents perdent leurs droits!» a-t-il lancé, salué par de bruyants applaudissements.
La Coalition affirme que les parents ont perdu leurs droits fondamentaux lorsque le gouvernement québécois a adopté, en 2005, la loi 95, qui modifie la Charte des droits et libertés. L'article 41 garantissait aux parents le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants dans les établissements publics. La référence aux établissements publics a été supprimée.
«La loi 95 indique que le gouvernement sait mieux que les parents ce qui est bien pour l'enfant ou non. L'État n'a pas affaire dans la conscience des gens, surtout pas dans celle de nos enfants», affirme l'avocat.
Me Côté y voit rien de moins qu'un «recul de la vie démocratique au détriment des enfants», qui seront «dépouillés de leur liberté de conscience».
De son côté, la présidente de l'Association québécoise en éthique et culture religieuse, Lynda Berthiaume, s'inscrit en faux contre plusieurs affirmations entendues hier. «Comme enseignante, je ne suis pas là pour transmettre la foi, mais je suis là pour aider le jeune à découvrir sa propre spiritualité et pour lui dire : “Regarde, tu as un lieu avec ta famille pour te rassembler.” On vit dans une société diversifiée, et c'est important de se respecter», a-t-elle affirmé au Soleil.
La Coalition a aussi invité les parents à remplir le formulaire de demande d'exemption, en guise de protestation. Toutes les demandes acheminées aux commissions scolaires — évaluées à plusieurs centaines par le regroupement —ont toutes été rejetées jusqu'à maintenant. La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a répété à plusieurs reprises que le cours était obligatoire.
À Québec, la Coalition n'a pas incité les parents présents à boycotter le cours comme c'est le cas à Valcourt, en Estrie, où se tenait hier une rencontre pour organiser ce mouvement de protestation.
Dès septembre, le cours d'éthique et de culture religieuse remplacera l'enseignement moral et religieux dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec.