Carl Villeneuve (à gauche) a remporté les honneurs du Concours du meilleur sommelier du Québec 2014 et Guillaume Plante (au centre) est arrivé troisième, mais a obtenu le prix du public. Bertrand Eichel a pour sa part terminé la compétition en deuxième place.

Et le meilleur sommelier du Québec 2014 est...

À mi-chemin entre l'acte théâtral et l'épreuve sportive, la finale du Concours du meilleur sommelier du Québec 2014, qui s'est déroulée pour la première fois dans la capitale, samedi, au Château Frontenac, a vu Carl Villeneuve couronné des plus grands honneurs.
Pour Vincent Lafortune, organisateur de l'événement, les trois candidats finalistes convoitaient le titre de meilleur sommelier du Québec pour «l'accomplissement de soi» et pour le prestige que cela peut apporter à un CV.
Épreuve écrite, épreuve de service selon les règles de la sommellerie internationale, accords vins et mets et dégustations à l'anonyme. Le vin sous toutes ses coutures.
Le public de 250 personnes s'est vu charmé par les connaissances vinicoles et par les élans descriptifs des candidats. C'est cependant le jury composé de Véronique Rivest, deuxième meilleure sommelière au monde en 2013, d'Alain Bélanger, troisième meilleur sommelier au monde en 2000, et de Ghislain Caron, meilleur sommelier des Amériques en 2004, qui a eu le dernier mot.
Si 15 sommeliers avaient entamé la compétition, il n'en restait que trois, samedi, pour la grande finale. Carl Villeneuve aura été le préféré des trois juges, devançant Bertrand Eichel, deuxième, et Guillaume Plante, troisième.
Le sommelier au restaurant montréalais Toqué! est ainsi reparti avec le grand prix composé de 10 000 $, de 5000 $ en vin et d'un stage pratique en Autriche. Le vin d'Autriche était d'ailleurs le thème de la soirée se déroulant dans la salle de bal du Château.
Une culture à développer
Pour l'organisateur de 28 ans ayant cheminé dans le monde du vin et qui aujourd'hui travaille à sa démocratisation, la sommellerie représente «la culture du goût». «Les candidats parlent avec leur palais [...] et doivent être en mesure d'exprimer ce qu'ils sentent, note M. Lafortune. Il y a un côté olympique et très culturel à la fois.»
Selon lui, le public québécois est timide et «n'ose pas assez se mouiller» lorsque vient le temps de parler de vin. Il souhaite que des événements comme celui de samedi et comme le Salon international des vins et spiritueux de Québec, dont il est l'un des instigateurs, contribuent à son accessibilité et à sa popularité.
Il estime également que les grandes performances aux concours internationaux ont un impact important. «Véronique Rivest amène une nouvelle sommellerie.» Samedi, deux des finalistes étaient dans la vingtaine et l'un dans la trentaine.
Samedi soir, Guillaume Plante a remporté le prix du public pour ensuite terminer troisième selon le classement du jury. Deux options: soit le public et le jury n'avaient pas la tâche de juger les mêmes critères, soit la sommellerie est empreinte de subjectivité... un peu comme le goût, quoi.
Du golf au vin
Clément Lepage, père de Carl Villeneuve, meilleur sommelier du Québec 2014 depuis samedi, se rappelle que son fils a commencé à développer sa passion pour le vin à son premier emploi en restauration au golf de Beloeil. «Il m'impressionne. Lors de sa performance, je ne comprenais même pas ce qu'il disait sur le vin, et je suis son père», a lancé le paternel en expliquant que son fils de 28 ans est tombé dans le vin par hasard et qu'il chemine depuis dans ce monde. À son diplôme en service et en sommellerie de l'ITHQ et à son certificat d'oenologie de l'Université du vin de Suze-la-Rousse s'ajoute son prestigieux titre remporté samedi.