JAZZ, Doni Doni, Erik Truffaz

Erik Truffaz: aventures du côté de l'Afrique ***1/2

Avec Doni Doni, Erik Truffaz se plaît à transporter sa trompette du côté de l'Afrique.
Le jazzman fait en effet équipe avec la chanteuse Rokia Traoré, qui prend le micro sur quatre pièces, tantôt aériennes, tantôt plus animées, comme la très belle Djiki'N, à la rythmique voisine de la transe, mais servie avec la délicatesse et l'économie propres à Truffaz.
Curieusement, c'est presque uniquement sur les titres où l'interprète malienne est présente qu'on peut sentir ces inflexions world, car autrement, Truffaz et son quartette - où le batteur de longue date Marc Erbetta a cédé ses baguettes à Arthur Hnatek - continuent de naviguer dans les eaux qu'ils affectionnent: ici une touche de funk, là un flirt avec le rock (excellente Fat City). 
En résulte un album plus ou moins homogène, impression accentuée par la présence, en fin de parcours, du rappeur Oxmo Puccino. 
Cela dit, Doni Doni est loin d'être dénué d'intérêt: pris séparément, les titres sont tous pertinents.