Éric Veilleux 

Éric Veilleux admiratif envers Philippe Boucher

Chaque fois qu'il se regarde dans un miroir, une cicatrice au menton lui rappelle son amitié avec Philippe Boucher... et son 28e but, cette saison-là. «Il était à la ligne bleue, sur le jeu de puissance où il a fait son argent. Il avait une bonne garnotte, le Phil, j'ai un souvenir de lui pour la vie», dit en riant Éric Veilleux, dernier coach d'un club hôte (Shawinigan) à avoir remporté la Coupe Memorial.
Depuis, un fort lien d'amitié unit les deux anciens coéquipiers. Leur carrière a pris des chemins différents, mais ils ont repris contact plus régulièrement lorsque Boucher s'est amené dans la LHJMQ. Il n'est donc pas étonnant que Veilleux soit de passage à Québec en cette semaine de Coupe Memorial, où il agit comme personne-ressource auprès de son ami, aujourd'hui entraîneur-chef des Remparts.
«Honnêtement, je suis pas là juste au cas. Les Remparts ont leur identité, leur propre style et c'est important qu'ils restent là-dedans, tout en corrigeant les petits détails. Ils sont meilleurs que je pensais. Phil ne l'a pas eu facile, je trouve qu'il a fait une bonne job», a avoué celui qui vient de terminer sa première saison dans le hockey professionnel en qualité d'adjoint à l'entraîneur-chef avec le club-école des Ducks d'Anaheim, à Norfolk, en Virginie.
Le hasard veut que Veilleux ait quitté la barque du Drakkar pour se retrouver dans une ville qui héberge la plus importante base navale aux États-Unis. Et voilà que ce club de la Ligue américaine déménagera à San Diego, port d'attaque de la flotte du Pacifique de la marine américaine. Une rumeur qui fait même de Veilleux leur prochain entraîneur-chef.
«J'ai encore un an de contrat comme adjoint, et aux dernières nouvelles, je m'en vais là-bas. Y fait beau, paraît... Ça me fera trois déménagements en quatre ans, mais la famille me suit partout. Je ne l'aurais pas fait, sinon», dit ce père de trois garçons de 21, 16 et 14 ans.
Tout en gardant un oeil sur le parcours des Ducks, qui disputaient le cinquième match de la demi-finale de la LNH contre Chicago, lundi soir, Veilleux replonge dans un tournoi qui l'a défini comme entraîneur-chef. En 2012, les Cataractes de Shawinigan ont remporté la Coupe Memorial après avoir été éliminés en deuxième ronde des séries de la LHJMQ. S'en est suivi un vide de 30 jours.
«J'ai un peu suivi la saison des Remparts à distance, et mon Dieu que je ne souhaitais pas cela à Philippe. Ils sont passés à travers et ils ont fait une bonne route dans les séries. Ça aurait été aussi difficile pour eux que ça l'avait été pour nous. Je m'étais érigé un mur autour de moi, il commence à baisser un peu», dit-il, encore ému par tout ce qu'il a vécu.
Expérience grandissante
Veilleux constate que le tournoi de la Coupe Memorial n'a pas changé, qu'il est toujours le plus difficile à remporter. La clé pour le gagner?
«Il faut savoir contrôler ses émotions. L'équipe qui le fait le mieux est celle qui a plus de chances de l'emporter. Même si je mesure encore cinq pieds et huit pouces, ça m'a fait grandir d'être passé par là», rappelle celui qui a aussi perdu au septième match de la finale, la saison dernière, à Baie-Comeau.
Un texto dans la défaite
Éric Veilleux n'en revenait pas du courage affiché par son ex-coéquipier quand Philippe Boucher a accepté de relever le défi de diriger les Remparts de Québec. «Il débarquait dans un marché pesant, il remplaçait Patrick [Roy] et il n'avait jamais coaché. Je trouvais qu'il avait du guts pas à peu près», dit-il d'un ton admiratif. Et au départ, les choses n'ont pas bien tourné pour les Remparts, qui n'avaient remporté qu'un seul de leurs huit premiers matchs avec Boucher derrière le banc. Avec une fiche de 1-8, Québec s'amenait à Baie-Comeau. «Les Remparts nous avaient battus. Je n'ai jamais aimé perdre, mais après le match, je l'avais texté pour lui dire que j'étais content et que j'espérais que ça les relancerait.»