Éric Auger, à droite, a fondé l'entreprise Faction Bike Studio avec Martin Portelance.

Éric Auger: un parcours tracé à l'avance

Alors que ses confrères en génie exploraient le domaine pour dénicher une voie vers leur prochaine carrière, Éric Auger savait déjà ce qu'il voulait faire dans la vie. Pendant ses cours, il voyait comment ses études en génie mécanique à l'Université Laval lui permettraient de concevoir des vélos.
Travaillant déjà dans une boutique de vélo, adepte de compétition sportive en vélo de montagne, c'est pendant le cégep que ses choix se clarifient. Son père, qui travaillait au bureau du registraire de l'Université, lui fait valoir qu'un profil en génie conviendrait bien à sa vision d'avenir.
«Mon parcours est un peu atypique, en ce sens que les étudiants découvrent pendant leur formation ce qu'ils voudront faire dans la vie. Moi, en lisant les informations sur le programme de génie mécanique, affirme-t-il, je savais que c'est la voie que je devais choisir. Je voyais à quoi me serviraient les différents cours. J'en étais convaincu».
Et l'avenir lui a donné raison.
Même s'il a fait beaucoup de compétition dans la Coupe Québec et la Coupe Canada et s'il fait encore des courses de 24 heures en solo, il n'a jamais envisagé de concevoir un vélo pour ses propres besoins.
«J'ai toujours eu autant d'amour pour le sport du cyclisme comme tel que pour la machine elle-même. Je n'ai jamais pensé à faire un vélo pour moi, mais concevoir des produits qui répondaient à un besoin pour le marché», explique-t-il.
Passage chez Devinci
Diplômé en 1994, en début de carrière, il a travaillé pendant 13 ans comme ingénieur directeur de la recherche et du développement et directeur marketing chez le constructeur de vélo québécois Devinci.
Il quitte Devinci pour fonder Faction Bike Studio, en 2010 à Jonquière, avec le designer industriel Martin Portelance qui devient son associé en affaires, après un passage dans une entreprise vouée à aider les entreprises en démarrage, IDÉA Innovation PME. C'est à cet endroit qu'il développe son attrait pour l'entrepreneuriat.
«J'aidais des promoteurs à articuler leur plan d'affaires. Je m'occupais davantage des parties techniques de la viabilité des projets. Pendant ce temps-là, j'avais le souhait de revenir dans l'industrie du vélo. J'ai pensé à avoir ma propre marque de vélo. Puisque je m'intéressais à la conception, je voulais créer mon entreprise. J'ai découvert qu'il y avait plus que la conception dans la création et la fabrication d'un vélo. Il y avait une foule de détails techniques à considérer. Pendant mes recherches, j'ai eu un flash avec la possibilité d'offrir des services en ingénierie dans le domaine du vélo puisque c'est la base de mon expertise», se souvient-il.
Son projet d'entreprise évolue et il travaille maintenant sur les commandes de compagnies de vélo qui veulent tel type de produit pour tel ou tel marché. 
«La demande du client se transforme. Nous prenons les devis de la marque et nous agissons comme firme de génie-conseil dans le monde du vélo. Entre le projet de départ et le produit final, notre intervention amène un vélo auquel nous avons mis notre touche. Un produit qui n'existait pas avant», continue-t-il.
La compagnie fait aussi des composantes de vélo, comme les suspensions, et des accessoires en plus des cadres.
«J'ai toujours été fasciné par la conception assistée par ordinateur. Lorsque j'ai gradué, ce n'était pas tellement à la mode et j'ai fait beaucoup de dessins manuels, ce qui exige plus de planification. Aujourd'hui, je travaille dans la conception assistée en 3D, car les logiciels ont beaucoup évolué», précise l'homme d'affaires.
Comme ingénieur, il estime que si bien des choses ont été inventées au fil des ans dans son domaine, il y a encore beaucoup de possibilités d'utiliser ses connaissances dans la conception et l'utilisation des matériaux pour travailler sur l'allègement des structures et le raffinement des éléments pour améliorer les performances des vélos.
«Plus nous concevons de vélos chez Faction Bike Studio, plus nous avons de nouvelles idées pour de nouveaux produits. Le marché est ouvert avec les possibilités des marchés à l'international», conclut-il.