Un sondage dévoilé en octobre par Question Retraite soutient que dans la tranche d'âge des 25 à 34 ans, 85 % des travailleurs québécois n'ont pas d'objectif précis quant à leur revenu de retraite.

Épargner, c'est possible même avec des dettes!

Vous venez à peine de quitter les bancs d'école que déjà on vous demande d'économiser pour vos vieux jours! Vous avez quelques dettes d'études, une petite famille, une hypothèque, un emploi à temps plein que depuis quelques mois, alors comment connaître vos limites budgétaires?
Tout d'abord, il est primordial de faire un ménage dans vos finances personnelles en compagnie d'un conseiller financier. L'expert sera en mesure de vous donner l'heure juste sur votre niveau d'endettement et d'établir avec vous un budget plus réaliste.
Même si vous êtes une recrue sur le marché du travail, les spécialistes en finance estiment qu'il faut mettre dans un monde idéal en moyenne de côté par année 10 % de son salaire en prévision de la retraite. Par exemple, pour une personne possédant un revenu annuel de 30 000 $, il faut mettre de côté 3000 $ par année. Plusieurs véhicules sont offerts aujourd'hui pour épargner. Parmi les plus populaires, on retrouve notamment le régime enregistré d'épargne-retraite (REER) et le compte d'épargne libre d'impôt (CELI).
Si vous avez des dettes, vous pouvez quand même mettre de l'argent de côté. Il faut cependant s'assurer que l'épargne ne devienne pas elle-même une dette en soi.
«Il est possible d'épargner et à la fois payer ses dettes», assure Carl Yergeau, analyste en planification financière avancée chez Industrielle Alliance. «C'est certain que lorsqu'on est plus jeune, les priorités ne sont pas toujours les mêmes. On s'installe dans la vie. On souhaite s'acheter une résidence, fonder une famille et payer ses dettes d'études...»
Lorsque vous souhaitez commencer à épargner, il est préférable de s'asseoir avec un conseiller financier afin de regarder les taux d'intérêt reliés aux dettes, explique M. Yergeau. «Si vous avez des dettes à consommation sur des cartes de crédit à 18 % ou des dettes sur des cartes de crédit de grands magasins à 28 %, je vais vous dire qu'il faut se dépêcher d'acquitter ces soldes. Il faut faire un ménage» sur vos cartes de crédit, mais aussi sur vos prêts personnels. Plus le taux d'intérêt est élevé, plus vous paierez d'intérêt!
Par la suite, «on détermine un plan de match au niveau du budget, ce qui reste comme marge de manoeuvre; pour le maximiser», ajoute M. Yergeau. «On n'ira pas nécessairement accélérer le paiement d'hypothèque ou se dépêcher à payer les dettes d'études. On va plutôt relativiser le taux d'intérêt et faire une cotisation REER. On va se servir du retour d'impôt pour acquitter certains paiements.»
Afin d'avoir une bonne budgétisation, il est aussi important de connaître ces habitudes de consommation. Il vous sera alors plus facile de couper dans les dépenses discrétionnaires.
Mauvaise compréhension
Un sondage dévoilé en octobre par l'organisme Question Retraite soutient que dans la tranche d'âge des 25 à 34 ans, 85 % des travailleurs québécois n'ont pas d'objectif précis quant à leur revenu de retraite. Environ 57 % d'entre eux estiment aussi pouvoir se retirer complètement du marché du travail à 60 ans ou avant. De plus, 31 % croient que leur retraite durera 25 ans ou plus, ce qui devrait nécessiter des épargnes importantes qui méritent d'être planifiées à long terme.
«Il n'y a aucun plan de match, alors que les premières cotisations sont déterminantes», s'inquiète M.Yergeau. «Il y a peut-être un problème de compréhension, mais il y a aussi le phénomène d'endettement des Canadiens. Les jeunes personnes qui s'installent dans la vie ont souvent une bonne hypothèque sur les épaules. Ce qui reste en fin de mois pour justement préparer la retraite est une marge de plus en plus resserrée.»
Toujours selon le sondage de Question Retraite, s'ils recevaient un montant imprévu de 5000 $, les 25 à 34 ans choisiraient principalement de rembourser ou de réduire leurs dettes (31%) et leur hypothèque (11%) ou encore de faire des rénovations (8%).
La bonne nouvelle est que malgré l'endettement des ménages qui a augmenté ces cinq dernières années, le taux de participation de l'effort à la retraite est resté sensiblement le même. «Le taux de participation à la cotisation REER est aux alentours de4%», conclut M. Yergeau.