Tommy Tremblay a foncé dans une maison de Saint-Raymond avec sa voiture, le 9 mars 2012, alors qu'il était lourdement intoxiqué par l'alcool et le cannabis.

Entre 90 jours et 18 mois réclamés pour un délinquant intoxiqué

La défense réclame une peine qu'elle juge «clémente» pour un résident de 29 ans de Saint-Raymond, Tommy Tremblay, qui a foncé dans une maison de sa localité avec sa voiture, le 9 mars 2012, alors qu'il était lourdement intoxiqué par l'alcool et le cannabis.
Fort heureusement, l'occupant de la maison, Bernard Cantin, s'en était tiré avec des blessures mineures, même si l'automobile du délinquant avait heurté le divan sur lequel il dormait. Il était alors environ 2h du matin. Coincé entre la voiture et le divan, M. Cantin, qui avait déjà des problèmes de santé, a vu l'accusé s'enfuir sans lui porter assistance.Lors de l'étape de la représentation sur la peine tenue ce matin devant le juge Christian Boulet, l'avocate de Tremblay, Me Julie Bégin, a réclamé une peine d'emprisonnement de 90 jours à être purgée les week-ends, 240 heures de travaux communautaires, une amende de 2000 $ à être versée à M. Cantin et une interdiction de conduire de trois ans.
L'avocate a rappelé que Tremblay a vaincu ses problèmes de dépendance en complétant une thérapie à la maison Jean-Lepage, qu'il occupe un emploi de mécanicien et qu'il doit verser une pension à son ex-conjointe, afin de subvenir aux besoins de sa fille de trois ans.
De plus, il a pris un engagement avec la Ville de Saint-Raymond, propriétaire de la maison endommagée, afin de rembourser les bris causés par ses actions. À ce jour, il a déjà versé 4400 $ à la Ville sur une somme due de 7200 $.
L'envoyer derrière les barreaux à temps plein l'empêcherait ainsi de remplir ses obligations, plaide Me Bégin. Il ne pourrait plus voir sa fille et stopperait aussi son processus de réinsertion sociale, lui qui habite chez sa mère et le conjoint de celle-ci. Comme autre facteur atténuant, l'avocate a rappelé que son client a reconnu les faits devant la cour et a ainsi évité un procès.
Très émotif, Tremblay a comparu pour sa défense, en affirmant qu'il n'a aucun souvenir de l'accident et des moments qui ont suivi. Fortement intoxiqué après une soirée passée avec son frère, il s'est sauvé des lieux de la sortie de route, pour aller se réfugier chez lui, à environ 800 mètres de la maison endommagée. À la suite de son arrestation, Tremblay a dit «je vais te tuer mon ostie» à un policier. Il a lamentablement échoué au test de l'ivressomètre, en présentant un taux d'alcoolémie deux fois plus élevé que la limite permise.
Devant le juge Boulet, il a tenté de présenter l'image d'un homme simple et sobre, qui souhaitait passer le plus de temps possible avec sa fille. Il a affirmé qu'au moment des faits qu'on lui reproche, il était pris dans une spirale de consommation, en raison des disputes répétées avec son ex. Il peinait à contrôler ses émotions.
«Les choses que j'ai faites, c'est pas pardonnable, a-t-il déclaré, avant d'ajouter plus tard qu'il «pensait toujours au monsieur» et qu'il était content qu'il s'en soit sorti pratiquement indemne.
Portrait plus sombre
L'avocat de la Couronne, Me François Godin, a présenté un portrait beaucoup plus sombre de Tremblay, pour qui il réclame une peine d'emprisonnement de 18 mois et une interdiction de conduire de quatre ans. Il a notamment rappelé que l'homme de 29 ans avait déjà un antécédent en matière de conduite avec les capacités affaiblies et qu'il avait reconnu en 2011 avoir violenté son ex-conjointe et l'avoir séquestrée.
Le délinquant a tendance à rejeter la faute de ses problèmes à son entourage et non sur lui-même, a ajouté Me Godin. De plus, le rapport présentenciel fait état de risques de récidive réels.
On a d'ailleurs appris que Tremblay avait réalisé à la Maison Jean-Lepage les 175 heures de travaux communautaires que le tribunal lui avait imposées en lien avec l'agression faite sur la mère de sa fille. Au même moment, il s'y trouvait pour compléter une cure de désintoxication que le juge lui a ordonné de compléter en marge de l'accident de mars 2012, afin de lui permettre de reprendre sa liberté.
Les petites tâches qu'il y effectuait, telles laver la vaisselle ou faire du ménage, étaient comptabilisées comme heures de travaux communautaires.
Le juge Boulet a indiqué qu'il rendrait sa décision dans le dossier de Tommy Tremblay le 17 avril.