«Je n'ai aucune idée de ce dont il s'agit. Je n'ai jamais entendu parler de ça», a réagi la chef péquiste Pauline Marois lors d'une conférence de presse, samedi.

Enchères au profit du PQ: «Jamais entendu parler», assure Marois

Pauline Marois n'a «jamais entendu parler» d'enchères entre firmes d'ingénieurs pour se partager par région des contrats publics au profit du Parti québécois dans les années 90.
«Je n'ai aucune idée de ce dont il s'agit», a affirmé la chef du PQ en point de presse samedi matin. «Je n'ai jamais entendu parler de ça, je ne sais pas de quoi il s'agit d'aucune espèce de façon», a-t-elle ajouté.
Le quotidien La Presse écrit samedi qu'un rapport d'enquête de l'Unité anticollusion du Ministère des transports (MTQ), traite d'un système orchestré «en catimini» par des firmes de génie pour s'approprier les contrats publics du MTQ ou de municipalités sur un territoire donné.
Une entreprise payait annuellement entre 40 000$ et 50 000$ pour décrocher un terrioire, et «les montants d'argent amassés au cours de cet événement auraient été remis au parti au pouvoir de l'époque, en l'occurrence le Parti québécois», soutient le rapport cité par le quotidien. L'Unité anticollusion (UAC) est intégrée à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) depuis 2011.
Le député caquiste sortant de Saint-Jérôme, Jacques Duchesneau, a dirigé l'UAC et remis un rapport à l'ancien gouvernement libéral. M. Duchesneau, un ex-chef de police qui ne brigue pas de nouveau mandat, a affirmé il y a quelques jours que Pauline Marois a déclenché des élections pour éviter des révélations embarrassantes par la Commission Charbonneau.   
«Troublant, inquiétant», dit Legault
Le chef caquiste et ancien ministre péquiste François Legault s'est pour sa part dit hautement préoccupé par les révélations de La Presse. «Je trouve ça très inquiétant que durant les années du PQ, les contrats étaient divisés par territoire et que l'argent d'une enchère était donné au Parti québécois. Je trouve ça troublant, inquiétant», a martelé le leader de la Coalition avenir Québec. «Un ancien élu s'est arrangé pour donner un contrat du gouvernement à une firme d'ingénierie», a-t-il relaté en référence au contenu de l'article.
François Legault a toutefois fait parti du gouvernement du PQ à partir de 1998, ont fait remarqué les journalistes. «Mais moi, j'étais à la santé et en éducation», s'est justifié celui qui a été titulaire de l'Éducation de 1998 à 2002 avant d'occuper le poste de ministre de la Santé de février 2002 jusqu'à la défaite du PQ en avril 2003.
Était-il au courant d'un présumé stratagème? «Non», a tranché François Legault. Selon lui, la mise au jour de l'existence ce document issu des enquêtes de l'UAC prouvent une fois de plus qu'il aurait fallu entendre davantage de témoignages devant la Commission Charbonneau avant de plonger le Québec en élections. «Je trouve ça plate qu'on ait pas encore entendu les anciens ministres des transports du Parti québécois.»
Avec Valérie Gaudreau