Sur les planches du Festival d'été, jeudi, la majorité des pièces ont pris des allures de transes : de longs morceaux qui se donnent de l'air, qui accumulent les boucles musicales, dont le tempo s'accélère en même temps que l'intensité des lignes de guitare, qui donnent une envie quasi irrésistible de sauter sur place.

En transe avec Bombino

Il n'est pas trop jasant, Bombino... Mais ce qu'il a ménagé en mots, il l'a dépensé en énergie sur sa six cordes, jeudi. Devant une place D'Youville bondée, le Nigérien a prouvé qu'il n'a pas volé son surnom de «guitar hero touareg».
Une fois présentés par l'annonceur du Festival d'été, Omara Moctar (son vrai nom) et ses complices (un bassiste mauritanien, un batteur et un guitariste originaires de Boston) ont pris leur temps pour s'installer sur scène... Avant de croquer dans quelques morceaux acoustiques, bien livrés, mais moins grisants que ce qu'on pouvait espérer d'eux. On ne perdait rien pour attendre : la guitare électrique qui patientait dans son coin n'a pas tardé à être mise à contribution. Et le spectacle a pu véritablement prendre son envol.
Le musicien, qui a pu compter sur l'apport de Dan Auerbach des Black Keys pour la réalisation de son dernier album, Nomad, marie avec aplomb racines africaines et influences rock. Sur les planches du Festival d'été, jeudi, la majorité des pièces ont pris des allures de transes : de longs morceaux qui se donnent de l'air, qui accumulent les boucles musicales, dont le tempo s'accélère en même temps que l'intensité des lignes de guitare, qui donnent une envie quasi irrésistible de sauter sur place à l'image du guitariste qui accompagne Bombino. Le virtuose a semblé prendre un malin plaisir à l'exercice, affichant un large sourire et remerciant souvent les festivaliers la main sur le coeur. Dommage toutefois pour les problèmes de son qui se sont acharnés sur son micro...
Tiken Jah Fakoly
À la nuit tombée, la vedette du reggae Tiken Jah Fakoly a à son tour pris d'assaut la scène de place D'Youville... Et on peut dire qu'il était attendu! La foule était nombreuse - et gagnée d'avance! - sur le site et aux alentours pour entendre les airs engagés de l'Ivoirien, qui frappe depuis plusieurs années sur le même clou en chantant l'émancipation de l'Afrique et la révolution par l'éducation.
Tiken Jah Fakoly est revenu à Québec avec une machine musicale efficace et indéniablement rodée : une douzaine de musiciens, dont une section de cuivres et deux choristes. À grand renfort de textes revendicateurs et de rythmes dansants, la bande a fait mouche devant un parterre passablement enfumé, particulièrement grouillant et enclin à prêter sa voix au chanteur. Celui-ci s'est d'ailleurs assuré que la foule gonflée à bloc ne se refroidisse pas, arpentant la scène en courant ou réclamant du public de Québec qu'il «chante pour l'Afrique». Sa prestation, aussi percussive que chaleureuse, a été chaudement acclamée en fin de parcours. C'était pleinement mérité.