Un homme décoré, le maire L'Allier a notamment été fait officier de la Légion d'honneur en juin 1992. On le voit en compagnie de sa femme, Johanne Mongeau, et de ses enfants.

Emporté par une infection virulente

Une infection à une valve cardiaque a emporté l'ex-maire de Québec Jean-Paul L'Allier, au milieu de la nuit mardi. «C'est vraiment subi. On n'a rien vu venir. C'est comme une balle en plein front. Ça n'a aucun sens, c'est inimaginable», témoigne sa conjointe Johanne Mongeau, jointe en fin d'après-midi à son domicile.
Souffrant de fièvre et d'une grande fatigue, M. L'Allier a été hospitalisé une première fois à la mi-décembre. Il est resté à L'Hôtel-Dieu de Québec une dizaine de jours, le temps de permettre aux médecins de pousser les investigations. Puisque son état s'était amélioré, que la fièvre avait disparu, il avait reçu son congé le 23 décembre. Neuf jours plus tard, devant la réapparition des symptômes, il retournait à l'hôpital où il a rendu l'âme, en présence de sa femme et de ses quatre fils.
Diagnostic «très complexe»
«On se disait qu'il allait se rétablir, qu'on lui avait donné les bons antibiotiques. Il ne faisait plus de fièvre. Mais son état s'est encore dégradé. C'était plus grave. Les médecins ont cherché longtemps l'origine de l'infection. Ç'a été très complexe comme diagnostic», mentionne Mme Mongeau, ajoutant que son mari avait été «conscient jusqu'à la fin».
L'ex-maire avait déjà éprouvé des problèmes cardiaques en 2005, mais rien de grave, affirme-t-elle. «C'était comme réglé, il faisait attention.»
Depuis sa retraite de la vie politique municipale, il y a 12 ans, Jean-Paul L'Allier prononçait plusieurs conférences chaque année, à l'occasion de congrès. «Il en avait une prévue en janvier. On devait aussi partir en voyage ensemble demain [aujourd'hui].»
Le disparu avait commencé à écrire sur sa carrière professionnelle. «Ce n'était pas des mémoires comme telles, plutôt des réflexions sur différents thèmes, comme la démocratie municipale. La rédaction était pas mal avancée.»
Mme Mongeau a confirmé au Soleil que des funérailles civiques se tiendront samedi, à 14h, à la basilique Notre-Dame, dans le Vieux-Québec. «J'ai parlé à Régis [Labeaume] et Paul-Christian Nolin ce matin [mardi]. Je me voyais mal dire non. Jean-Paul mérite cet hommage.»