Pour Laurie Compartino, directrice de marché pour la firme Randstad à Québec, les salaires versés à Montréal sont encore un peu plus élevés qu'à Québec ou à Lévis.

Emploi: la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches améliorent leur bilan

Montréal et sa région, la pépinière des entreprises de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches?
Pour dénicher les perles rares, les employeurs de la région de Québec vont retourner toutes les pierres qui parsèment leur chemin.
«Plusieurs d'entre eux font appel à des agences nationales de placement de personnel qui, comme nous, possèdent des banques de candidats bien garnies pour trouver le candidat désiré, peu importe où il se cache», indique Laurie Compartino, directrice de marché pour la firme Randstad à Québec.
«Le recrutement est tellement difficile à Québec. Les efforts déployés par une entreprise pour embaucher ne serait-ce qu'un seul candidat à Montréal, par exemple, valent la peine.»
Présidente de Référence Capital Humain, Marianne Dionne affirme, pour sa part, qu'elle recrute très peu de candidats du côté de Montréal pour ses clients de la région de Québec. «Il y a des postulants spontanés, souvent issus des minorités ethniques, mais nous ne réalisons pas de démarche de sollicitation dans la région montréalaise. De plus, peu de nos clients sont prêts à dépenser des sous pour instaurer des mesures incitant la mobilité comme le remboursement des frais de déménagement, par exemple», note la présidente de la firme d'experts en recrutement de personnel de Québec.
Déplacements
Ces dernières années, les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches ont amélioré leur bilan migratoire intraprovincial. En d'autres mots, elles ont accueilli plus de personnes provenant des autres régions de la province qu'elles en ont perdues.
Au cours des 10 dernières années dans la région de la Capitale-Nationale, par exemple, les gains annuels ont fluctué autour de 2000 personnes, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). Ces gains sont fortement concentrés chez les 20 à 24 ans et ils ont été réalisés principalement dans trois régions, le Bas-Saint-Laurent (462 personnes), la Montérégie (303 personnes) et la Côte-Nord (288 personnes).
La Montérégie est d'ailleurs la région ciblée par un promoteur immobilier de Québec, Dominique Laroche, qui a récemment fait installer un grand panneau-réclame aux abords du pont Champlain sur lequel est inscrit «Déménagez à Québec».
Après avoir été déficitaire vis-à-vis Montréal pendant plusieurs années, la Capitale-Nationale est sortie gagnante des échanges migratoires entre les deux régions au cours des trois dernières années, note l'ISQ. Un revirement, faut-il le préciser, qui ne s'explique pas par le fait que plus de Montréalais ont choisi de venir s'installer à Québec, mais plutôt par le fait que moins de résidents de la Capitale-Nationale ont quitté la région pour aller s'établir à Montréal.
Selon la Ville de Montréal, l'agglomération a affiché un solde migratoire intraprovincial négatif de 20 492 personnes en 2011-2012. Parmi ceux et celles qui ont levé les voiles, 84 % ont quitté l'île pour les régions avoisinantes de la Montérégie, de Laval, de Lanaudière et des Laurentides. À peine 3,5 % des gens qui ont quitté Montréal en 2011-2012 ont choisi la Capitale-Nationale et 1 % la Chaudière-Appalaches.
Les salaires
Selon Laurie Compartino, les salaires versés à Montréal sont encore un peu plus élevés qu'à Québec ou à Lévis. «Pour les postes que nous comblons le plus fréquemment, la différence peut atteindre 5 % entre Montréal et Québec et 8 % entre Montréal et Lévis. Oui, les salaires sont généralement moins élevés ici, mais le coût de la vie est moins élevé aussi», précise Mme Compartino en signalant que cet écart salarial traditionnel entre Montréal et Québec tendait à se rétrécir.
«Quand il s'agit de combler des postes de haut niveau, l'écart est presque inexistant», affirme-t-elle. «Si une entreprise trouve à Montréal le candidat qu'elle recherche désespérément depuis des mois, elle lui offrira le salaire équivalent à celui offert sur le marché montréalais.»
Au fil des ans, Mme Compartino a noté une ouverture plus grande des Montréalais à l'idée d'aller gagner leur vie à l'autre bout de la 20. La présence des institutions gouvernementales, la qualité de vie et le dynamisme économique affiché par la région sont autant de facteurs attractifs.
«Cette ouverture est notamment plus évidente chez les jeunes diplômés à la recherche d'un premier défi professionnel. Pour eux, c'est nettement plus facile de décrocher un bon emploi dans une région, comme Québec, qui affiche un taux de chômage de 4,6 %, que dans une autre où le taux de chômage atteint 7,8 %.»
En collaboration avec l'Economic Research Institute, Randstad Canada vient de publier une étude nationale sur la rémunération pour aider les chercheurs d'emploi à évaluer leur valeur sur le marché. Les données correspondent au salaire moyen à la première année de travail dans une occupation spécifique. Il est possible de télécharger l'étude à partir de l'adresse suivante: content.randstad.ca/guide-salaire-2014.