Eli Bouchard a commencé le surf des neiges à 18 mois. Moins de sept ans plus tard, il devenait le plus jeune athlète au monde à réussir un double backflip.

Eli Bouchard, un as de la planche à neige à 9 ans!

Eli Bouchard enfile bottes, combinaison et manteau, puis prend sa planche à neige. Quelques minutes plus tard, derrière chez lui à Lac-Beauport, il s'élance du haut d'une pente et fait un saut digne d'un athlète de 15 ans.
Mais Eli n'a que 9 ans. Avec ses longs cheveux blonds et son joli minois, il a déjà la tête d'un rider professionnel. Ce qui le rend unique, toutefois, ce sont ses exploits sur la neige. «On a une petite Formule 1 entre les mains», dira son père François au cours d'un entretien avec Le Soleil, en pleine forêt, tout près de la maison familiale.
À 8 ans, Eli est devenu le plus jeune athlète au monde à réussir un double backflip. Les vidéos de ses pirouettes sont devenues virales en Chine. À tel point qu'Éli, son frère et ses parents s'y rendent mardi afin de prendre part, samedi et dimanche, au premier Banana Open, une compétition professionnelle de descente acrobatique à laquelle participera entre autres le champion québécois Maxence Parrot.
Les organisateurs semblent avoir de grandes ambitions pour le petit Eli : en faire une des vedettes de son sport en Chine, où même les Shaun White et Mark McMorris n'ont pas autant de notoriété que dans le reste du monde. «J'ai vu plusieurs vidéos d'Eli, et notre équipe croit que ce garçon est [la vedette] que nous recherchons», a écrit la responsable des athlètes au Banana Open, dans un courriel reçu par la famille Bouchard.
Émissions de télévision
Un horaire incluant émissions de télévision et apparitions publiques attend déjà Eli, dont la notoriété le précède en Chine. «Je suis content et très excité», a commenté le jeune homme, plus à l'aise sur sa planche qu'en entrevue. Lorsqu'on lui demande ce qu'il souhaite prouver là-bas, il hésite un peu : «Que je suis le meilleur en snow», répond-il finalement.
Guidé par son père maniaque de ce sport, il commence à faire du surf des neiges à 18 mois, comme son frère ainé, Zac. Fiston possède un talent brut, réalise très vite le paternel. 
«Un, il ne voulait pas rentrer pour le chocolat chaud. Deux, je voyais que c'était naturel. Il n'était pas carré [sur sa planche]. On a commencé à s'amuser, à faire des sauts. Je voyais qu'il était bon, qu'il était content. En compétition, je voyais qu'il voulait gagner. Il n'était pas seulement talentueux : il était orgueilleux et compétitif», raconte François Bouchard.
Élève de troisième année à l'école Vision, une institution privée trilingue, Eli fait ses cours sur quatre jours afin de pouvoir, le vendredi, partir en famille à Sainte-Agathe. Là-bas, il s'entraîne au centre Maximise, sous les conseils de Max Hénault.
Eli Bouchard
Rêve olympique 
Calme, intelligent, ordonné, Eli rêve de Jeux olympiques, mais aussi de devenir astronaute parce qu'il «aime l'espace».
Son père rêve aussi. De le voir briser les barrières et battre les records. «Ce qu'on veut, c'est être grand de bonne heure, illustre François. On veut aller aux X-Games, on veut aller au Dew Tour. On veut être le plus jeune à faire ci, le plus jeune à faire ça. Je ne le compare pas avec les gens de son âge, je le compare avec les gens de l'âge de son frère [14 ans].» Dans ses compétitions provinciales, Eli utilise d'ailleurs les structures des grands, contrairement à ses rivaux du même âge.
Tant qu'il y aura du plaisir et de la joie, papa continuera de pousser fiston vers l'excellence. Il admet malgré tout «se préparer» au moment où, peut-être, Eli en aura marre. «Présentement, on vit. Et on savoure tout ce qui se passe. [...] S'il me dit un jour : "C'est assez, j'ai le goût de faire autre chose", c'est correct. Moi, j'aurai rien à me reprocher», indique-t-il.
Mais à le voir s'amuser dans la neige, on doute que ce soit pour demain. D'autant plus que cette jeune aventure permet à ce clan déjà uni de l'être encore davantage. «J'aime le snow parce que toute ma famille en fait avec moi, et qu'ils m'aident là-dedans», lance d'ailleurs Eli.
L'accident du grand frère
Papa François et maman Natacha [Thériault] sont bien conscients des dangers liés au sport pratiqué par fiston. Plus que jamais, sans doute. Car leur aîné, Zac, a été victime d'une blessure aux vertèbres cervicales lors d'une chute au Relais, il y a un peu plus d'un an.
Opéré à temps, il mène une vie normale, mais devra pour toujours se contenter d'un surf des neiges récréatif. Fini, les sauts et les acrobaties.
Toute la famille a vu l'accident en direct. «On l'a vu tomber, s'écraser comme une crêpe, être inconscient», raconte François Bouchard.
Triste pour son frère, Eli n'a pas ralenti la cadence pour autant. Il peut toujours compter sur son aîné, même si c'est dans un modèle différent. «C'était l'fun avant parce qu'il observait Zac, il voulait le dépasser. Maintenant, son frère n'est pas en avant. Il est plutôt à côté et lui prodigue des conseils. Mais ça donne quand même une énergie à Eli, parce qu'il sait que toute l'attention est sur lui», explique François, propriétaire avec sa conjointe du restaurant Soupe et cie, dans Limoilou.
Quant à Zac, il fait contre mauvaise fortune bon coeur. Il s'implique dans la carrière de son petit frère, s'occupant entre autres de ses réseaux sociaux, source incontournable de succès pour les athlètes en sports extrêmes.