Élections fédérales: «incontournables» médias sociaux

La présence des politiciens sur le Web et les médias sociaux comme Twitter, Facebook, YouTube et Flickr n'est plus qu'un atout, mais un «incontournable». Non seulement parce que ces outils permettent d'interagir avec les électeurs comme jamais auparavant, mais aussi parce qu'il s'agit bien souvent du seul moyen de rejoindre les plus jeunes. Malgré ce constat, au test de la campagne 2.0, la majorité des politiciens québécois n'obtiennent pas la note de passage.
La présence des politiciens sur le Web et les médias sociaux comme Twitter, Facebook, YouTube et Flickr n'est plus qu'un atout, mais un «incontournable». Non seulement parce que ces outils permettent d'interagir avec les électeurs comme jamais auparavant, mais aussi parce qu'il s'agit bien souvent du seul moyen de rejoindre les plus jeunes. Malgré ce constat, au test de la campagne 2.0, la majorité des politiciens québécois n'obtiennent pas la note de passage.
Les médias sociaux, «c'est incontournable, absolument», insiste Thierry Giasson, professeur au département d'information et de communication de l'Université Laval et chercheur principal du Groupe de recherche en communication politique.
«Les citoyens sont là, les opposants sont là, ils peuvent mobiliser des gens, mobiliser des ressources, activer des militants, transférer et diffuser de l'information à des gens qui n'y auront pas accès autrement.» Parce qu'ils existent, «ces citoyens qui ne fréquentent plus les médias traditionnels, qui n'écoutent plus les téléjournaux. Ils lisent des agrégateurs de nouvelles, consultent des blogues, visionnent des vidéos sur Facebook, YouTube. Les politiciens doivent utiliser cet outils-là pour atteindre des gens qui ne sont plus disponibles ailleurs.»
En effet, en 2009, une étude du CEFRIO révélait que 13 % des Québécois s'informaient principalement sur le Web, tout juste derrière les journaux (16 %), alors que la part de la télévision (60 %) décroît rapidement (3 % de moins de 2008 à 2009).
Ce que le président Eisenhower a été à la télévision dans les 50, Barack Obama l'a été aux médias sociaux en 2008, raconte Luc Dupont, professeur au département de communication à l'Université d'Ottawa, aussi auteur d'un livre qui porte sur la publicité sur le Web. Le candidat Obama, poursuit-il, avait embauché un ancien de Facebook, Chris Hugues, dans la jeune vingtaine, pour non seulement bonifier sa campagne, mais carrément l'articuler autour du Web.
Les Américains ont répondu par millions à son approche conviviale et, surtout, ils ont amassé 30 millions $ au moyen de 70 000 campagnes de financement citoyennes.
«Obama a démontré, souligne M. Dupont, que ces plates-formes étaient suffisamment puissantes pour que les gens qui ne votent pas aient soudainement de goût d'aller voter.»
Sans intermédiaire
Il voit principalement trois raisons pour lesquelles les politiciens ne devraient plus se passer d'Internet. La première, la plus évidente, parce qu'ils peuvent s'adresser directement aux électeurs, ce que seul le débat télévisé permettait il n'y a pas si longtemps.
Avec ce contact direct vient aussi la «possibilité soudaine d'interagir». Les stratèges les plus astucieux pourront par la suite corriger le tir au fil des interactions et cibler les messages auprès de leurs électeurs, en utilisant les particularités de chacune des plates-formes. «Ça change fondamentalement la campagne électorale», dit M. Dupont.
Autre avantage majeur : «les médias sociaux permettent d'humaniser les candidats», note Luc Dupont. C'est sur Twitter, par exemple, qu'on a découvert la passion de Denis Coderre pour le hockey ou qu'on a appris, hier sur Twitter, que le fils de Stephen Harper venait de gagner un tournoi de volleyball.
L'importance de ces outils, nos politiciens ne l'ont pas tous compris, regrette la consultante en marketing Internet Michelle Blanc. D'abord, plus de la moitié des députés sortants au Québec n'ont pas de compte Twitter. Et ceux qui ont fait le virage du 2.0 ne sont pas tous des exemples. «Beaucoup de politiciens vont sur les médias sociaux parce que ça paraît bien, mais ne comprennent pas ce qu'ils font là», regrette-t-elle, et ne font bien souvent que relayer les mêmes contenus que dans les médias traditionnels, sans interagir avec leurs électeurs.
C'est le thème d'une éventuelle coalition des partis d'opposition qui a retenu l'attention, hier, sur le Web. Le chef libéral Michael Ignatieff a dû réitérer que son parti n'avait pas l'intention de se joindre à une coalition. De son côté, le bloquiste Gilles Duceppe a publié un lien vers une lettre de Stephen Harper qui, en 2004, parlait d'une coalition des partis d'opposition à la gouverneure générale.