Le décès de Blandine Pinette-Fontaine (photo), qui était très impliquée, a causé une onde de choc dans la communauté innue. Pierre-Michel Fontaine, de Québec, a également péri dans la tragédie. Il était biologiste au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Écrasement d'hélicoptère à Sept-Îles: les Innus de Mani-Utenam ébranlés

Malgré l'été qui s'étire à Sept-Îles, la journée a été difficile dans la ville de quelque 26 000 habitants, au lendemain de l'écrasement d'un hélicoptère qui a fait deux morts et trois blessés graves, mercredi.
Un homme de Québec, Pierre-Michel Fontaine, et une Innue de Mani-Utenam, près de Sept-Îles, Blandine Pinette-Fontaine, ont péri dans le drame, qui devait être une simple visite de passes migratoires sur les rivières Moisie et Nipissis, au nord de Sept-Îles. 
L'homme de 49 ans était un biologiste à l'emploi du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques qui participait à la supervision du Programme de mise en valeur des habitats du saumon atlantique de la Côte-Nord. 
Dans la communauté innue, le décès de Mme Pinette-Fontaine a causé une onde de choc. Employée du conseil de bande, la femme de 68 ans retournait travailler à la passe migratoire du mille 31 sur la Nipissis. «La famille vit une peine immense avec la perte d'une maman [de sept enfants], d'une grand-maman et d'une personne très impliquée», a confié son neveu, Jean-Claude Therrien Pinette. 
«Elle était très axée sur sa famille et aimante de sa culture. C'était une grande dame, très près du territoire», a-t-il poursuivi. Le conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam (ITUM) a mis son drapeau en berne, pour marque de sympathie aux collègues et proches touchés. «ITUM est très attristé.» 
Un copropriétaire ébranlé 
«C'est une tristesse incroyable qui nous habite aujourd'hui», a laissé tomber au bout du fil, Gilles Ross, copropriétaire de l'entreprise Héli-Nord, exploitant l'appareil de type Bell 206 qui s'est écrasé. Premier arrivé sur les lieux de l'accident, l'urgentologue de métier a eu à porter assistance aux blessés. 
«J'étais à Sept-Îles, j'ai pris du matériel médical au cas où j'aurais à intervenir. On n'avait pas d'idée de ce qui se passait, mis à part qu'il y avait une personne de captif dans l'épave», raconte-t-il. «Habituellement, quand j'interviens, c'est à l'hôpital, mais bon [...] les circonstances ont fait en sorte que c'était ça que je devais faire.» 
Le médecin s'est aussi rendu au chevet du pilote, gravement blessé dans l'accident. «Il est en choc, ça va être difficile pour lui de surmonter cette épreuve, nous serons là pour l'accompagner», a-t-il assuré. Le jeune homme de Sept-Îles cumule quatre années «sur le marché» et est à l'emploi d'Héli-Nord, depuis juin. «Il est diplômé du Cégep de Chicoutimi en pilotage», a ajouté M. Ross. 
Travaux du BST  
Le travail des enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports (BST) a commencé en après-midi seulement. En fin de journée, il était d'ailleurs toujours impossible d'avoir des détails sur l'enquête. Selon un porte-parole, l'équipe devait recueillir les informations sur les lieux de l'accident, difficiles d'accès, puis rencontrer des témoins, aujourd'hui. 
«Il faisait beau, il n'y a pas d'éléments extraordinaires pour expliquer l'accident [...] C'est arrivé quand l'appareil était en train de se poser», a souligné M. Ross sans vouloir s'avancer davantage sur les possibles causes du drame.