Pour l'ancien joueur du Canadien de Montréal Georges Laraque, une joute de hockey à l'ancienne n'a pas d'équivalent pour faire vibrer la fibre écologique.

Du hockey pour sauver la glace

Nos hivers rigoureux sont mis à mal par les changements climatiques. Et le hockey classique joué sur une patinoire extérieure s'avère l'occasion par excellence pour le rappeler, selon d'anciens joueurs de la LNH, des artistes et des écologistes.
En danger, le hockey sur glace? Oui, selon la Fondation David Suzuki. Nos hivers sont plus chauds, plus courts. Les variations extrêmes plus fréquentes endommagent les glaces. D'ici la fin du siècle, des patinoires extérieures seront impossibles à maintenir dans plusieurs régions du Québec, selon la Fondation.
De quoi donner le goût à des joueurs de se démener dimanche au Carnaval de Québec dans une partie amicale disputée au parc de l'Esplanade, près de l'Assemblée nationale. Des anciennes gloires des Nordiques, dont Alain Côté et Marc Fortier, les groupes les Cowboys Fringants et Loco Locass et des écologistes ont joué - un peu - du coude pour l'occasion.
Pour l'ancien joueur du Canadien de Montréal Georges Laraque, une joute de hockey à l'ancienne n'a pas d'équivalent pour faire vibrer la fibre écologique. «Au Québec, la meilleure façon de passer un message, c'est de jouer au hockey. Les gens ne savent peut-être pas trop ce que ça veut dire, les changements climatiques, mais quand tu joues au hockey, ils réalisent que les changements climatiques peuvent faire en sorte qu'on ne peut plus pratiquer notre sport national», a-t-il soutenu.
Pour le chanteur engagé Biz, du groupe Loco Locass, quelques présences sur la glace valent bien des discours. «Ce genre d'activités là, c'est gagnant. Parce que le pire qu'on peut faire aux gens, c'est leur faire la morale», dit-il. «Fais pas ci, fais pas ça, fais pas chauffer ton char. Ça, c'est désagréable. Alors que là, on prêche par l'exemple. Voyez ce qu'on peut faire, le plaisir qu'on peut avoir, quand on a un hiver normal. Et on ne jouera pas au hockey dans le désert, c'est pas vrai!»
Karel Mayrand est persuadé pour sa part que la nostalgie facilite la tâche des écologistes. «Notre période d'activités hivernales est en train de fondre. Alors, on prend le hockey, parce que pour plusieurs petits gars et petites filles au Québec, c'est souvent leur plus beau souvenir extérieur», explique le directeur général au Québec pour la Fondation David Suzuki. «Ça rend ça concret. Il y a 10 ans, on parlait de la menace des changements climatiques. Aujourd'hui, on parle de la réalité des changements climatiques. Et là où on le voit le plus au Québec, c'est dans nos hivers, des hivers en dents de scie.»
Course de motoneige
Pendant que les patineurs se bagarraient pour la rondelle à Québec, les gens de Lévis ont eu droit dimanche à la finale du premier Grand Prix Snowcross de motoneige. Plusieurs centaines de spectateurs ont assisté aux courses mettant aux prises 200 coureurs amateurs et professionnels derrière le Centre des congrès et d'exposition de Lévis.
Ironique, la tenue par le Carnaval de Québec d'une course polluante en même temps qu'un plaidoyer contre les changements climatiques? «On le savait, ils nous l'avaient dit», répond Karel Mayrand, de la Fondation David Suzuki. «C'est sûr que c'est une activité plus polluante, mais ça reste une activité hivernale», poursuit-il. «Moi, j'aimerais ça que les clubs de motoneigistes au Québec deviennent les premiers répondants de la lutte aux changements climatiques. Qu'ils utilisent leur force, leur lobby, pour défendre l'hiver. Je travaillerais avec eux demain matin!»
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<p>Souvenirs de la voûte chez Ti-Père au Théâtre Petit Champlain</p>
Hommage à la Voûte à Ti-Père
Le Théâtre Petit Champlain fait un clin d'oeil durant tout le Carnaval de Québec à la Voûte à Ti-Père, un lieu mythique du festival hivernal. Feu Lionel Faucher, alias «Ti-Père», a accueilli pendant plus de 30 ans les visiteurs dans son propre sous-sol de la rue Sainte-Thérèse. «Ti-Père» avait l'habitude d'offrir du caribou aux passants. Au fil des ans, il a reçu plusieurs célébrités dans son antre carnavalesque, dont Ginette Reno, Pierre Elliott Trudeau et La Poune. Pour son 60e anniversaire, le Carnaval de Québec a donc choisi de présenter au Théâtre Petit Champlain les plus beaux souvenirs visuels de cette époque marquante.