Après les blessures et l'exclusion de l'équipe nationale, la skieuse acrobatique Kim Lamarre se bat pour une place pour Sotchi.

Du FEQ à Sotchi?

Laissée de côté par l'équipe nationale à la fin de la dernière saison, blessée, Kim Lamarre a disparu du radar olympique. La skieuse de Lac-Beauport a pourtant continué à croire en ses improbables ambitions et se trouve aujourd'hui au plus fort de la course pour Sotchi.
À la première compétition de la saison, au Dew Tour, sur les flancs de Breckenridge, au Colorado, où elle passe ses hivers depuis «cinq ou six ans», l'adepte de slopestyle a envoyé un message clair à ses détracteurs en enlevant la deuxième place.
Un coup de chance? Lamarre a prouvé le sérieux de sa démarche vendredi, à la Coupe du monde encore une fois disputée dans sa cour arrière, en terminant quatrième. Et ce, malgré un oeil tout de noir coloré, résultat d'un rapprochement involontaire avec le parcours, quelques jours avant la compétition.
Des résultats plus qu'impressionnants pour celle ayant passé les deux derniers étés à travailler au Festival d'été de Québec le soir, et à s'acharner à suivre son programme de réhabilitation le jour.
«Je me suis déchiré le croisé antérieur en 2012. J'ai retrouvé la forme pour la saison 2013 et je me suis redéchiré le même ligament avant les championnats du monde, en février», explique l'athlète de 25 ans. «J'ai passé deux étés en gym avec Jo, qui ne m'a pas laissée tomber. Il a continué à croire en moi. Un gros merci!»
«Jo», c'est Jonathan Pelletier-Ouellet, le préparateur physique de l'équipe canadienne de saut acrobatique basée à Lac-Beauport. «Comme elle n'avait pas eu de résultat depuis deux ans, elle a été laissée de côté par l'équipe nationale, mais le directeur de l'association et moi avons décidé que je l'aiderais dans sa rehab et que je continuerais à l'entraîner, a expliqué Pelletier-Ouellet. On a cru en Kim et on ne s'est pas trompés!»
Après ce passage obligé, Lamarre est partie conclure sa préparation physique et mentale en Californie. Elle y est restée près de deux mois. «J'ai continué à m'entraîner et j'ai fait du surf... Disons que ç'a rendu la réhabilitation pas mal plus le fun
Une vie zen pour une fille qui a travaillé fort pour rester calme dans l'imprévu. «Oui, il y a eu mon genou, mais j'ai aussi fait un cheminement mental, souligne-t-elle. Je fais davantage de visualisation. Avant, quand je tombais en qualification, ça me stressait, mais plus maintenant, je l'ai prouvé cette année.»
Celle dont la grand-mère a participé aux Olympiques en ski alpin a désormais les pensées rivées sur Park City où se jouera sa qualification pour Sotchi. Ses quatre meilleurs résultats des deux dernières saisons lui servent de qualification pour l'équipe canadienne de ski acrobatique.
Présentant une fiche vierge en 2012-2013, Lamarre doit connaître une présente saison du tonnerre. Avec de 2e, 4e et 11e places, elle souhaite briller les 17 et 18 janvier pour que son nom soit sur la liste, dévoilée le 19.
«Je ne sais pas exactement ce que ça me prend pour me qualifier. Ce que je sais : je vais skier du mieux que je peux, avec le sourire!» a-t-elle insisté. Rien de plus simple.
Lamarre aura trimé dur pour se positionner pour cette dernière vague. Ne lui reste qu'à se lever et accomplir ce qu'elle fait de mieux : s'élancer dans le vide en retombant sur ses deux pieds.
Les médailles québécoises
Marie-Michèle Gagnon se couvre d'or pour une première fois en carrière; Dominique Maltais ne sait plus comment descendre du podium; Alex Harvey se prend pour un Norvégien; Erik Guay fait oublier sa blessure et skie avec plus de confiance que jamais; Mikaël Kingsbury et Alexandre Bilodeau balaient la compétition et les soeurs Dufour-Lapointe transforment les Coupes du monde en party de famille.
Le message de Marcel Aubut, président du Comité olympique canadien, aurait dû être le suivant : «It's okay Canada... Le Québec s'occupe de nos médailles.»
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N'ayant plus droit au brevet de l'équipe canadienne, Kim Lamarre est à la recherche de financement et a lancé, cette semaine, une page Web permettant au public de l'aider dans sa quête. «Je serais contente avec n'importe quelle forme d'aide», a-t-elle souligné.