Des problèmes de disponibilité de salle ont empêché Dream Theater de commencer son actuelle tournée à Québec. «On a dit qu'il fallait absolument aller à Québec et, en apportant quelques modifications, tout s'est réglé», indique James LaBrie (au centre), pour qui les spectacles dans la capitale ont toujours un cachet spécial.

Dream Theater: retrouver sa voix

Vingt ans après la fameuse tournée de l'album Awake, durant laquelle il avait carrément perdu la voix à la suite d'un empoisonnement alimentaire, le chanteur de Dream Theater, James LaBrie, se réjouit de pouvoir enfin revisiter le répertoire de cet album lors de la tournée qui le mènera au Pavillon de la jeunesse le 22 mars.
«Je me souviens encore du dernier spectacle qu'on avait donné avant la pause de Noël en 1994. C'était à Los Angeles. Tout allait bien, tout était parfait. Par contre, quand on est repartis après ça, les gens se demandaient ce qui se passait», avoue LaBrie.
Entre les deux parties de la tournée, un incident est survenu pendant que LaBrie profitait de vacances à Cuba. Le chanteur a subi un grave empoisonnement alimentaire après avoir consommé du porc contaminé. «J'ai tellement vomi que j'ai eu un hématome et qu'il y a eu du sang sur mes cordes vocales», explique-t-il.
Cauchemar
Quand Dream Theater a repris la route au Japon en janvier 1995, LaBrie a vécu le pire cauchemar de tout chanteur. «À la suite de cette blessure, ma voix n'était plus du tout comme avant et, honnêtement, il y avait des périodes où je me demandais si un jour je retrouverais mon registre, ma puissance et ma consistance vocale.»
«C'est simple, un soir je pouvais être très bon et carrément mauvais le lendemain. Bien sûr, il y avait beaucoup de critiques de la part des fans. Tu dois te bâtir une grosse carapace pour passer à travers un épisode comme celui-là», raconte LaBrie.
Le chanteur avoue qu'il lui a fallu plusieurs années avant de retrouver sa voix comme elle était avant cet épisode. «Presque 10 ans, mais maintenant, tout est revenu à la normale. Cette tournée, c'est un peu comme une rédemption pour moi, car on célèbre l'album Awake et, pour la première fois, je peux dire que j'en interprète les pièces encore mieux qu'avant.»
LaBrie prend maintenant un soin jaloux de son organe vocal. «Je m'entraîne tous les jours, je mange santé, je prends mes vitamines et je ne consomme pas d'alcool en tournée. Je me garde en forme physiquement et psychologiquement.»
À l'instar de son chanteur, Dream Theater s'est aussi relevé d'un épisode douloureux, soit le divorce houleux avec son batteur vedette et membre fondateur Mike Portnoy en 2010. Mike Mangini a pris sa place depuis ce temps et James LaBrie assure que la transition est maintenant complétée.
«Tout le monde s'entend bien avec Mike [Mangini], les fans ont adoré le matériel qu'on a fait avec lui et lui-même est plus à l'aise dans son rôle. Il est un membre à part entière du groupe maintenant et il a fait partie du processus d'écriture du dernier album», conclut LaBrie.
Québec, une destination capitale
Plusieurs ont sursauté quand ils ont constaté que la ville de Québec était absente de l'itinéraire initial de la tournée du groupe metal américain Dream Theater. James LaBrie assure toutefois qu'il n'a jamais été question de ne pas s'arrêter dans la capitale, bien au contraire.
«En fait, on voulait lancer la tournée à Québec. Dans un monde parfait, la tournée aurait commencé à Québec», avoue LaBrie en entrevue téléphonique avec Le Soleil. «On voulait faire Québec, Montréal, Toronto, Boston, mais ce n'était pas possible dans cet ordre en raison des disponibilités des salles. Ce n'est pas si simple de bâtir un horaire de tournée.»
Quand le groupe a vu le premier itinéraire préparé par son équipe de tournée et constaté que Québec n'y figurait pas encore, il l'a fait savoir. «On a dit qu'il fallait absolument aller à Québec et, en apportant quelques modifications, tout s'est réglé», indique LaBrie, pour qui les spectacles dans la capitale ont toujours un cachet spécial.
Racines francophones
«Québec a toujours appuyé tous les groupes qui ont un élément progressif dans leur musique. Dès le départ, les fans de Québec nous ont adoptés et ont apprécié ce qu'on faisait», souligne le chanteur canadien aux racines francophones qui avoue toutefois ne pas maîtriser du tout la langue de Molière.
«Je viens de Penetanguishene, une ville ontarienne qui compte une importante population francophone. Ma mère parle très bien français, mais mon père, qui est à moitié français et à moitié irlandais, ne le parle pas. Malheureusement, je n'ai jamais vraiment appris moi non plus.»
LaBrie avoue toutefois en avoir appris beaucoup sur les racines françaises de sa famille grâce aux recherches effectuées par sa soeur. «C'est vraiment cool. Il y a parmi mes ancêtres des LaBrie, des Moreau et des Basané. Mon arrière-arrière-grand-père est originaire de Saint-Émilion, en France, et il s'est installé au Canada au XVIIe siècle.»
«Avec tous ces ancêtres français, il faudrait vraiment que je m'achète un Rosetta Stone [logiciel d'apprentissage des langues étrangères] et que j'apprenne la langue!» lance-t-il en terminant. 
Vous voulez y aller?
Qui : Dream Theater
Quand : samedi 22 mars, 19h30
Où : Pavillon de la jeunesse
Billets : 67 $, 85 $ (régulier)
Tél. : 418 643-8131 et 1 877 643-8131 ou www.billetech.com