Dre Valérie Désilets a trouvé dans l'obstétrique-gynécologie et dans la génétique médicale de quoi satisfaire sa soif de connaissances et son désir d'aider les autres

Dre Valérie Désilets, médecin généticien et obstétricienne-gynécologue au CHUS: de science et d'humanité

La Dre Valérie Désilets est arrivée à la génétique médicale pour mieux comprendre et mieux aider.
«En rétrospective, je constate que c'est le fil conducteur de ma carrière. J'ai toujours été fascinée par le développement embryonnaire et foetal. Ça me touche, l'aspect mère-enfant, le petit bébé chanceux et le petit bébé pas chanceux. Chaque enfant naît avec ses différences et ses vulnérabilités et il n'a rien fait pour ça. [...] On ne peut pas changer ce qui lui arrive, mais on peut faire de notre mieux pour comprendre cette situation et la rendre le moins intolérable possible», estime celle dont tout le parcours témoigne également d'un grand souci pour l'équité des soins.
Originaire de Québec, issue d'une famille d'ingénieurs, Valérie Désilets a entrepris ses études de médecine à l'âge de 18 ans.
«Je n'avais pas d'idée préconçue. Je découvrais la médecine telle qu'elle est. Plus j'avançais dans mes études et plus j'aimais ça. J'aimais le fait de contribuer au bien-être d'autrui tout en gardant l'aspect scientifique. Et c'est resté tout le temps, cette espèce d'amalgame de l'excellence, de la science et de l'aide. C'est quelque chose qui me satisfait.»
Après sa médecine, la Dre Désilets a poursuivi en obstétrique-gynécologie puis en génétique médicale, toujours à l'Université Laval. Elle a quitté le Québec un temps pour compléter sa formation à l'University of British Columbia, à Vancouver.
«Il y a 20 ans, la génétique était en plein essor. Ça explosait. Mon timing était parfait! se souvient-elle. On découvrait les gènes qui causaient le cancer du sein. Il y avait plein de nouvelles technologies qui nous permettent de comprendre la base du fonctionnement cellulaire. Ça comblait mon petit côté ingénieur!»
«La génétique, c'est un champ où on ne peut jamais s'asseoir, constate-t-elle aujourd'hui. Pour certaines pathologies, en 2005, on avait un seul gène de documenté alors qu'aujourd'hui, on en a 15. C'est un domaine où on doit rester à jour, mais c'est intéressant et c'est stimulant, parce qu'on est mieux outillé pour poser des diagnostics et pour répondre aux questions de nos patients. Ça va toujours en progressant.»
Définir sa voie
L'obstétricienne-gynécologue a ainsi défini sa voie puisque la génétique lui permet d'avoir cette connaissance profonde des conditions qu'elle traite, qui lui procure la satisfaction d'offrir le meilleur à ses patients et de «bien faire les choses», exprime-t-elle.
«Par exemple, un petit bébé qui naît et qui n'a pas de pouce. On est capable maintenant de comprendre pourquoi c'est arrivé et si d'autres organes pourraient être touchés. Cela nous permet de mieux pister d'autres malformations associées et de dire aux parents si cette condition affectera le développement de leur enfant.»
«C'est sûr qu'il faut rester humble, parce qu'on n'a pas toutes les réponses, nuance-t-elle, mais il y a ce réel potentiel d'application et de compréhension qui est logarithmique.»
Clinicienne et professeure agrégée au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, la Dre Désilets est très impliquée dans son champ d'expertise et croit énormément à l'avancement et au partage des connaissances médicales.
Dans cette optique, au Centre universitaire de santé McGill puis au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, où elle a pratiqué plusieurs années avant d'être recrutée à Sherbrooke il y a trois ans, des forums multidisciplinaires de diagnostic prénatal ont été mis en place pour prendre en charge les cas les plus complexes. «Parce que ça prend plusieurs spécialistes pour atteindre l'excellence dans les soins», dit-elle.
Depuis quelques mois, c'est une communauté de pratique qui regroupe les cinq centres de génétique au Québec qui retient son attention, elle qui a signé plusieurs publications canadiennes en carrière et qui agit comme présidente du Comité de développement professionnel continu de l'Association des médecins généticiens du Québec.
«On a commencé à avoir cette vision provinciale pour établir des consensus, discuter de nos différentes réalités au-delà des universités et améliorer les soins partout en même temps, pour donner le maximum à tous les patients. Si ça fonctionne, j'en serai vraiment heureuse.»
Une trentaine d'années plus tard, la Dre Désilets peine à identifier ce qui la rend le plus fière dans cette carrière qui la comble toujours autant.
«Je n'ai pas besoin que mon nom soit rattaché à une réalisation, réfléchit-elle à haute voix. Mais j'aime savoir que je contribue à rendre les choses mieux.»
Et à part la médecine?
Quand elle n'est pas à l'hôpital, la Dre Valérie Désilets est souvent dans les estrades, et avec plaisir! «Je suis un peu intimidée par cette question, rigole-t-elle. Non, je ne grimpe pas de montagne! Je suis mère de famille et je suis médecin, et ça me convient. Mes enfants ont leur propre trajet, ils font des activités sportives. De les voir s'épanouir et devenir de bonnes personnes, c'est une grande source de joie et ça me détend.» Avec trois enfants âgés entre 15 et 20 ans et un conjoint qui fait aussi carrière, on comprend aisément que l'équilibre travail-famille a toujours été une grande préoccupation dans sa vie. «Mon bonheur à moi, mon équilibre, c'est par ma famille qu'il passe.»