Jacques Gravelle est voisin et locataire de Martin Godin depuis deux ans. Il est arrivé chez lui dimanche à 0h30, pensant que M. Godin était parti travailler. Il a été longuement interrogé par la Sûreté du Québec, dans la nuit de samedi à dimanche. C'est lui qui a permis aux policiers de faire le lien entre les deux scènes de crime.

Drame de Saint-Isidore : surprise et incompréhension pour un voisin

«On ne comprend pas. La seule chose qu'on peut voir, c'est qu'il a voulu amener ses deux filles en haut avec lui.» Le voisin du principal suspect du drame familial qui secoue la municipalité de Saint-Isidore ne s'explique pas l'horreur qui a frappé à quelques mètres de chez lui.
Jacques Gravelle est voisin et locataire de Martin Godin depuis deux ans. Il est arrivé chez lui dimanche à 0h30, pensant que M. Godin était parti travailler. Mais c'était sans savoir que le mal était probablement déjà fait, et que les corps de Medora Godin, 13 ans, Béatrice Godin, 11 ans, et celui de leur père, Martin, gisaient sur le sol. Seul le décès de la petite Medora a été confirmé. Sa soeur reposait dans un état critique, dimanche.
M. Gravelle avait parlé à Martin Godin samedi après-midi, vers 14h45. «Je lui avais demandé de s'occuper de mes chiens. Tout était fait quand je suis arrivé». Rien n'y paraissait.
«La police nous a appelés vers 3h du matin pour nous dire de sortir de la maison. Ils m'ont dit que Martin était peut-être dangereux [...] Je croyais que c'était une blague. Voyons donc, pas Martin», a expliqué M. Gravelle, rencontré par Le Soleil sur les lieux du drame. «C'était un bon père».
Jacques Gravelle a été longuement interrogé par la Sûreté du Québec, dans la nuit de samedi à dimanche. C'est lui qui a permis aux policiers de faire le lien entre les deux scènes de crime.
Les corps de Nancy Samson, l'ex-conjointe de M. Godin, et de Benoît Daigle, son nouvel amant, ont été retrouvés sans vie dans un chalet, à Sainte-Croix, dans Lotbinière. M. Daigle possédait un chalet voisin à celui de Martin Godin. Selon Jacques Gravelle, les deux hommes avaient développé une relation d'amitié. «Ça devait faire au moins cinq ans qu'ils se connaissaient. Martin lui avait déjà rendu service. Ils jouaient aux dards ensemble. Ils buvaient du scotch ensemble.»
Nancy Samson aurait toutefois pris la décision de quitter M. Godin il y a deux semaines. «Elle était tannée de la place. Elle trouvait que Martin n'était pas beaucoup présent», a-t-il expliqué. M. Godin travaillait de nuit, selon son voisin, et passait beaucoup de temps à élever ses chiens. Il en possédait une trentaine.
Mais Martin Godin aurait proposé des solutions pour maintenir la famille unie. Mais c'est là que Nancy lui a dit «qu'il y avait un autre homme.» Benoît Daigle.
Aux dires de M. Gravelle, Martin Godin avait accepté son sort, mais souhaitait seulement que son ex-conjointe n'oublie pas ses filles.