Le 2 février, la Sûreté du Québec trouvait les corps inanimés de Medora et Béatrice Godin et de leur père Martin, à la résidence de ce dernier à Saint-Isidore de Beauce. Les policiers avaient trouvé durant la même journée les corps de Nancy Samson et de Benoit Daigle, à Sainte-Croix.

Drame à Saint-Isidore: le frère du suspect profondément triste

«On avait une vie très calme, on n'avait pas de problème. Notre frère nous a mis dans l'actualité. On est bien malheureux pour lui, mais il va assumer les conséquences de ses gestes. Jamais je ne défendrai ça.»
Près de deux semaines après le drame qui a secoué la petite localité de Saint-Isidore de Beauce, Michel Godin est toujours aussi consterné par le chagrin et la douleur que son frère Martin aurait semés sur son passage, le soir du 1er février, quand il aurait assassiné ses filles Medora et Béatrice, ainsi que son ex-conjointe Nancy Samson et le nouvel ami de coeur de celle-ci, Benoit Daigle. Martin Godin aurait ensuite retourné une arme contre lui, mais il a survécu à sa tentative de suicide. La jalousie de Martin Godin demeure une des principales hypothèses pour expliquer ce geste.
Au cours d'un entretien téléphonique, Michel Godin a souvent répété qu'il est toujours profondément triste pour les proches de Nancy Samson et de Benoit Daigle. Il a condamné le geste présumé de son frère à maintes reprises.
«Dans notre société, la violence, c'est totalement inacceptable. Je comprends très bien que pour les autres familles, c'est très difficile. Ça l'est pour nous aussi.»
Il affirme qu'il demeure en contact avec la famille de Mme Samson et que le tout se fait de façoncourtoise. «On se parle, les deux familles. On se respecte dans ce drame-là. On est très peinés, c'est très difficile pour nous. Vous comprenez qu'on n'aurait jamais voulu ça.»
«[...] On ne peut pas penser qu'ils sont en amour avec notre frère, a ajouté Michel Godin. Écoutez, c'est un drame, c'est un drame.»
Michel Godin, le frère aîné de sa famille, avoue qu'il se demande régulièrement si quelque chose aurait pu être fait pour prévenir ce dénouement.
«Est-ce qu'on aurait pu aider? On aurait aimé. On se pose des questions tout le monde. Est-ce qu'il y a eu les bonnes interventions au bon moment? C'est sûr que c'est toutes des questions qui nous animent. On est devant un fait accompli.»
Il avoue avoir été secoué par le portrait plutôt sombre de son frère publié dans Le Soleil la semaine dernière. Yan Chenel, qui a vécu avec sa famille comme locataire dans une partie de la maison du principal suspect durant environ quatre ans et demi entre 2008 et 2012, à Saint-Isidore de Beauce, se souvient avoir été témoin de scènes de violence verbale dont était victime Nancy Samson de la part de Martin Godin. Une de ces crises a même poussé M. Chenel à déménager à l'été 2012, quand Martin Godin aurait menacé Nancy Samson de mettre le feu à leur maison.
«Ça reste toujours difficile à entendre. Si c'est vrai, on l'assume. J'irai jamais m'opposer à ce monsieur-là. S'il a vu des choses, je me vois pas dire que c'est pas vrai. Ce serait pas honnête.»
Michel Godin affirme que si son frère avait des comportements inappropriés ou violents envers Nancy Samson, il n'était pas en courant. Il n'était pas au fait de la séparation récente de Martin Godin avec Mme Samson.
Poliment, Michel Godin a refusé de dire s'il souhaite que son frère survive à sa tentative de suicide, afin qu'il puisse possiblement faire face à la justice.
«J'en ai aucune idée. Pour le moment, c'est un sujet qui est trop délicat. Je peux pas aborder ce sujet-là.»
Si Martin Godin devait mourir, son frère assure qu'il y a eu une pensée pour les dons d'organe, comme ce fut le cas pour la petite Béatrice Godin.
«S'il y a mort neurologique, c'est sûr qu'il va y avoir dons d'organe. [...] Si on peut sauver des vies, on va le faire.»
Pour le moment, Martin Godin demeure dans un état stable mais grave à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus. Impossible de savoir s'il va survivre, et surtout, s'il va garder des séquelles permanentes de sa tentative de suicide.
Lourde présence médiatique
Michel Godin reconnaît qu'il a trouvé démesuré le tourbillon médiatique qui a suivi le drame. Il affirme que des faussetés ont été véhiculées à propos de son frère, mais refuse de dire lesquelles.
«Il y a eu beaucoup de faussetés, mais il y a eu aussi beaucoup de vérités.»
«Par respect pour les autres familles, je ne commencerai pas à essayer de défendre mon frère devant elles, a-t-il enchaîné. Il y a eu morts, il y a eu drame, il y a eu agression, et il faut vivre avec.»
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Les 70 chiens seront cédés à la SPA
En marge de ce terrible drame, Michel Godin a obtenu un jugement du tribunal afin de pouvoir céder les quelque 70 chiens de race que son frère Martin possédait dans son chenil de Saint-Isidore à la Société protectrice des animaux (SPA) de la Beauce.
La SPA a déjà entrepris des démarches afin de trouver des propriétaires à ces chiens, qui devraient être disponibles à prix raisonnable.
En dépit des histoires qui ont circulé dans les médias selon lesquelles Martin Godin s'occupait mal de ses bêtes, et pouvait même les battre, Michel Godin assure que tous ces chiens donnés à la SPA sont en pleine forme. Les observations réalisées par les vétérinaires sur ces animaux n'ont démontré aucune trace de mauvais traitement, affirme-t-il. Parmi ces chiens, on trouve des Labrador bruns, des Doodle et des Golden.
«Les chiens étaient tous en parfaite santé. On a seulement perdu deux petits chiots, parce que la maman ne les nourrissait pas suffisamment.»
Michel Godin a tenu à remercier les gens qui l'ont aidé à nourrir les chiens depuis le drame, dont un voisin de Martin Godin de Saint-Isidore qui s'est occupé des bêtes durant deux journées complètes.